# Andros : onze adultes autistes en CDI dans l'usine

> Jean-François Dufresne dirige alors le groupe Andros, et son propre fils est autiste. En 2014, il fait adapter des postes à l'usine Novandie d'Auneau, en Eure-et-Loir, pour y embaucher des adultes autistes sévères, que le secteur du handicap jugeait ineptes au travail en milieu ordinaire. Les postes sont aménagés mais les tâches restent les mêmes que celles des autres salariés. Interrogé en 2017 sur les résultats, il répond qu'ils sont au moins aussi efficaces que les employés dits ordinaires. Dix ans plus tard, onze personnes y travaillent en CDI, à mi-temps, et sont accompagnées le reste de la journée à la Maison du Parc, juste à côté. Le dispositif, porté par l'association Vivre et travailler autrement, coûte de l'ordre de 35 000 euros par personne et par an et repose sur un accompagnement quotidien : ce n'est pas une bonne intention, c'est une organisation. En France, on estime à environ 600 000 le nombre de personnes autistes, et leur taux d'emploi n'est pas mesuré : il n'existe aucune statistique publique sur le sujet.

*Business · Par Kim Warani · 5 août 2026 · 2 min de lecture*

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## Le constat

En France, on estime à environ 600 000 le nombre de personnes autistes, dont la moitié concernées par le marché du travail ordinaire (Haute Autorité de santé, chiffre repris par le gouvernement en réponse au Sénat en 2023). Leur taux d'emploi, lui, n'est pas mesuré : il n'existe aucune statistique publique française sur le sujet. La stratégie nationale autisme 2018-2022 retient 0,5 % de personnes autistes en emploi en milieu ordinaire, et l'association Autisme France estime entre 75 et 90 % la part des adultes autistes sans emploi. Quand Jean-François Dufresne, alors directeur général du groupe Andros, propose en 2014 d'embaucher des adultes autistes sévères sur une ligne de production, la quasi-totalité des acteurs du handicap lui annonce l'échec.

Son propre fils est autiste. C'est de là que part l'idée, et elle prend le problème à l'envers : et si l'obstacle n'était pas eux, mais le poste ?

## La bonne nouvelle

À l'usine Novandie d'Auneau, en Eure-et-Loir, les postes sont adaptés. Pas les tâches : mêmes gestes, mêmes exigences que les autres salariés. Interrogé en 2017 sur ce que ça donne, il répond sans détour qu'ils sont au moins aussi efficaces que les employés dits ordinaires.

Dix ans plus tard, ils sont onze à y travailler en CDI, à mi-temps. Le reste de la journée, ils sont accompagnés à la Maison du Parc, à côté de l'usine.

## Soyons honnêtes

Ça ne s'improvise pas. Le dispositif coûte de l'ordre de 35 000 euros par personne et par an, et il repose sur un accompagnement présent tous les jours. C'est une organisation, portée par une association dédiée, pas une bonne intention.

## Ce qu'on peut en faire

Ce qui a changé à Auneau, ce ne sont pas les personnes. C'est le poste. La question, pour n'importe quelle entreprise, devient donc : quel poste pourrait être adapté, plutôt que refusé ?

## Questions fréquentes

### Comment fonctionne le dispositif d'Andros à Auneau ?

Les salariés autistes travaillent le matin sur des postes adaptés de l'usine, avec les mêmes tâches que leurs collègues, et sont accompagnés l'après-midi à la Maison du Parc pour des activités qui visent l'autonomie. Un encadrement dédié est présent tous les jours.

### Est-ce que ça coûte cher à l'entreprise ?

Le dispositif est évalué à environ 35 000 euros par personne et par an, financements publics et associatifs compris. Ce n'est pas neutre, et c'est ce qui explique qu'il repose sur une association dédiée plutôt que sur la seule entreprise.

### Pourquoi si peu d'adultes autistes travaillent-ils ?

En France, on estime à environ 600 000 le nombre de personnes autistes (Haute Autorité de santé). Leur taux d'emploi n'est pas mesuré officiellement : le rapport remis au gouvernement par Josef Schovanec en 2017 constate qu'il n'existe pas de donnée fiable. Les estimations disponibles vont de 0,5 % en emploi en milieu ordinaire (stratégie nationale autisme 2018-2022) à 75-90 % de personnes sans emploi selon l'association Autisme France. Le cas d'Auneau ne règle pas ce problème à l'échelle du pays, mais il montre que l'obstacle est souvent le poste, pas la personne.

## Sources

Sources : Handicap.fr, 28 juin 2017 ; Fondation Bettencourt Schueller, 5 octobre 2018 ; association Vivre et travailler autrement ; FIRAH, étude sur l'usine Novandie-Andros d'Auneau ; Haute Autorité de santé et réponse du gouvernement à la question écrite n° 07938 du Sénat, 2023 ; rapport Josef Schovanec sur le devenir professionnel des personnes autistes, mars 2017 ; stratégie nationale pour l'autisme 2018-2022.

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