En bref. La bronchiolite est la première cause d’hospitalisation des nourrissons en France. Depuis l’automne 2023, les nouveau-nés se voient proposer une injection d’anticorps, le nirsevimab (Beyfortus), qui leur donne directement les défenses contre le virus VRS. Santé publique France a mesuré une efficacité réelle de 76 à 81 % contre les bronchiolites qui envoient un bébé en réanimation, et environ 5 800 hospitalisations évitées après passage aux urgences entre le 15 septembre 2023 et le 4 février 2024, dont 4 200 chez les moins de trois mois. La campagne 2025-2026 a été bien suivie : en Île-de-France, plus de 30 000 nouveau-nés ont été immunisés dès la maternité, soit 60 % des naissances. Nuance honnête : la protection dure environ six mois, il faut recommencer chaque année, et la bronchiolite n’a pas disparu.
La hantise de tous les parents
Chaque hiver, le virus respiratoire syncytial, le VRS, tourne dans les crèches, les écoles et les salons. Pour la plupart d’entre nous, c’est un gros rhume. Pour un nourrisson, ça peut devenir une bronchiolite qui l’empêche de respirer et de finir son biberon. C’est la première cause d’hospitalisation chez les bébés en France.
Les parents connaissent la scène par cœur : la nuit blanche, la respiration qui siffle, la course aux urgences, et parfois la réanimation. Pendant des décennies, on n’avait pas grand-chose à leur proposer d’autre que la patience, le lavage de nez et la surveillance.
Une seule piqûre, et huit cas graves sur dix évités
Depuis l’automne 2023, la France propose aux nouveau-nés une injection d’anticorps : le nirsevimab, plus connu sous son nom commercial, Beyfortus. Le principe est simple. Au lieu d’attendre que le bébé fabrique ses propres défenses, on les lui donne directement, prêtes à l’emploi.
Santé publique France a mesuré ce que ça donne dans la vraie vie, et pas seulement en essai clinique. Deux études publiées sur la saison 2023-2024 donnent une efficacité de 76 à 81 % contre les bronchiolites à VRS qui envoient un nourrisson en réanimation. Sur cette seule saison, environ 5 800 hospitalisations ont été évitées après un passage aux urgences, dont 4 200 chez des bébés de moins de trois mois. Cela représente une baisse de 23 % des hospitalisations pour bronchiolite à VRS après passage aux urgences, et de 35 % chez les nourrissons de zéro à deux mois.
Les familles ont suivi
Ce genre de mesure ne vaut que si les parents adhèrent. C’est le cas. Pendant la campagne 2025-2026, qui s’est déroulée du 1er septembre 2025 au 20 février 2026, plus de 30 000 nouveau-nés ont été immunisés dès la maternité rien qu’en Île-de-France, soit 60 % des naissances, et 8 000 de plus en ville. Plus de 40 % des femmes enceintes de la région se sont fait vacciner pendant leur grossesse pour transmettre des anticorps à leur bébé avant même sa naissance, contre environ 1 500 femmes la saison précédente.
Ce qu’il faut nuancer
Ce n’est pas un vaccin qui protège des années. C’est un anticorps qui couvre environ six mois, le temps du premier hiver, et il faut relancer la campagne chaque année pour chaque nouvelle génération de bébés.
La bronchiolite n’a pas disparu non plus. L’épidémie 2025-2026 a duré huit semaines en France métropolitaine, de la mi-novembre 2025 à la mi-janvier 2026, avec un impact hospitalier globalement proche de celui de la saison précédente. C’est surtout chez les tout-petits, les moins de six mois, que la baisse se voit le mieux.
Les gestes simples comptent donc toujours autant : se laver les mains avant de porter le bébé, éviter les bisous sur son visage, aérer, ne pas fumer près de lui. Mais faire reculer à ce point les formes les plus graves, celles qui envoient un nourrisson en réanimation, c’est une vraie victoire de santé publique.
Questions fréquentes
Le Beyfortus est-il un vaccin ?
Non. Le nirsevimab, commercialisé sous le nom de Beyfortus, est un anticorps monoclonal. Au lieu d'entraîner le corps du bébé à fabriquer ses propres défenses comme le ferait un vaccin, on lui donne les anticorps tout prêts. La protection est immédiate, mais elle ne dure qu'environ six mois.
Quelle est vraiment son efficacité ?
Santé publique France a mesuré son efficacité en conditions réelles, pas seulement en essai clinique : entre 76 et 81 % contre les bronchiolites à VRS qui conduisent un nourrisson en réanimation. Le même travail estime à environ 5 800 le nombre d'hospitalisations évitées après un passage aux urgences entre le 15 septembre 2023 et le 4 février 2024.
Faut-il quand même faire attention l'hiver ?
Oui. La bronchiolite n'a pas disparu et la protection ne couvre qu'une saison. Les gestes simples restent utiles : se laver les mains avant de porter le bébé, éviter les bisous sur son visage, aérer les pièces, ne pas fumer près de lui et limiter les lieux très fréquentés pendant l'épidémie.