Ton argent ne dort pas à la banque, il travaille sans te demander ton avis
L’argent qu’on place à la banque ne reste pas dans un coffre : il est investi, prêté, mis au travail. Le problème, c’est qu’on ne sait presque jamais dans quoi. Et de plus en plus de Français ont décidé de reprendre la main.
Le 23 juin, l’association FAIR, qui gère le label Finansol, et le journal La Croix ont publié la 24e édition de leur baromètre de la finance solidaire, l’état des lieux de référence en France. Le verdict est net : l’épargne solidaire a atteint 34 milliards d’euros fin 2025. C’est un record absolu, et une hausse de 15 % en un an, la plus forte depuis 2021.
D’où vient cette croissance
Deux moteurs expliquent la hausse. D’abord l’épargne salariale : depuis la loi Pacte, tous les plans d’épargne entreprise doivent proposer au moins un fonds solidaire, ce qui a ouvert cette épargne à des millions de salariés. Elle pèse aujourd’hui 18,5 milliards d’euros, devant l’épargne bancaire solidaire (14,2 milliards) et les livrets (3,1 milliards).
Ensuite, un intérêt croissant des Français pour les placements qui ont du sens : la part de l’épargne solidaire dans le patrimoine financier des ménages est passée de 0,46 % à 0,52 % en un an.
Comment ça marche, concrètement
Le principe est simple : on épargne normalement, mais tout ou partie de l’argent finance des projets à forte utilité sociale ou environnementale. Trois portes d’entrée existent. Le livret de partage, où l’on reverse une partie des intérêts à une association. Les fonds solidaires dits « 90/10 », accessibles via l’assurance vie ou l’épargne salariale, qui placent 5 à 10 % de leur actif dans des entreprises solidaires non cotées. Et l’investissement direct, par exemple dans des foncières qui logent des personnes en difficulté. Dans tous les cas, l’épargnant garde son argent, qui continue de fructifier.
Ce que cet argent a changé en 2025
Le baromètre chiffre l’impact précisément : 848 millions d’euros mobilisés pour l’économie sociale et solidaire en un an, 11 372 emplois créés ou consolidés, 28 447 prêts sociaux accordés. Détail qui compte : 67 % de ces prêts ont été accordés à des femmes, un levier concret d’autonomie économique. S’y ajoutent des logements pour des milliers de personnes en situation de précarité et des projets d’énergie renouvelable et d’agriculture durable.
Ce qu’il faut nuancer : une rivière à côté d’un fleuve
Chez Wanted, on aime les bonnes nouvelles, mais on les raconte honnêtement. Les 34 milliards de l’épargne solidaire restent minuscules à l’échelle du patrimoine financier des ménages français, qui dépasse 6 000 milliards d’euros. La finance solidaire pèse à peine plus d’un demi pour cent du total.
Mais la dynamique est installée, la croissance accélère, et l’outil est démocratique : nul besoin d’être riche, quelques dizaines d’euros sur un livret labellisé suffisent pour commencer. La rivière grossit chaque année, et elle est ouverte à tout le monde.
Questions fréquentes
L'épargne solidaire rapporte-t-elle moins qu'une épargne classique ?
Pas nécessairement. Les fonds solidaires « 90/10 » investissent 90 à 95 % de leur actif comme des fonds classiques, seule une petite poche étant dédiée aux entreprises solidaires. Sur les livrets de partage, c'est l'épargnant qui choisit la part des intérêts reversée. Le rendement dépend donc du produit choisi.
Comment reconnaître un vrai placement solidaire ?
Le repère principal est le label Finansol, géré par l'association FAIR, qui vérifie chaque année que l'argent finance réellement des activités à forte utilité sociale ou environnementale. Plus de 190 produits d'épargne sont labellisés en France.
Comment commencer avec un petit budget ?
Trois pistes simples : ouvrir un livret de partage dans sa banque, choisir un fonds solidaire dans son plan d'épargne entreprise (obligatoire depuis la loi Pacte), ou investir directement dans une entreprise solidaire, parfois dès quelques dizaines d'euros.