Le constat
Avant 1883, les déchets des Parisiens finissaient dans la rue. On les entassait devant les immeubles, les chiffonniers venaient fouiller, et le reste attendait. Dans une ville qui sortait tout juste des grandes épidémies, c’était un problème de santé publique autant que de propreté. Le préfet de la Seine s’appelait Eugène Poubelle. Il décide d’y mettre fin.
La preuve
Son arrêté du 24 novembre 1883 oblige chaque propriétaire à fournir à ses locataires un récipient muni d’un couvercle. Mais il y a beaucoup mieux dedans, et presque personne ne le sait : le texte prévoit trois réceptacles distincts. Un pour les déchets organiques, un pour le verre, un pour la faïence et les coquilles d’huîtres. Autrement dit, le tri sélectif, à Paris, en 1883. Nous avons attendu les années 1990 pour le remettre en place.
Soyons honnêtes
Le 7 mars 1884, il signe un second arrêté. Le tri en trois bacs en a disparu. Les mesures avaient été très mal reçues : la grande presse s’est déchaînée, et c’est un journaliste du Figaro qui a inventé l’expression « boîtes Poubelle », par pure dérision. Le mot est entré au dictionnaire en 1890. Il a donc laissé son nom à l’objet et perdu son idée. Une bonne idée peut être en avance de cent ans sur les gens à qui elle est destinée.
Questions fréquentes
Qui était Eugène Poubelle ?
Le préfet de la Seine qui a signé, le 24 novembre 1883, l'arrêté obligeant les propriétaires parisiens à fournir à leurs locataires un récipient à couvercle pour les ordures.
Le tri sélectif existait-il vraiment en 1883 ?
Oui. Son arrêté prévoyait trois réceptacles distincts : déchets organiques, verre, et faïence avec coquilles d'huîtres. Le tri a disparu dès le second arrêté du 7 mars 1884.
Pourquoi son nom désigne-t-il la poubelle ?
Parce qu'un journaliste du Figaro a inventé l'expression « boîtes Poubelle » par pure dérision, les mesures ayant été très mal reçues. Le mot est entré au dictionnaire en 1890.