Naître sans utérus, et l’apprendre à l’adolescence
Océane est née avec le syndrome MRKH, une agénésie utérine. Concrètement : ses ovaires fonctionnent, ses hormones aussi, ses ovocytes sont là, mais l’organe qui abrite une grossesse manque. Cette anomalie congénitale touche environ une fille sur 4 500. Le diagnostic tombe le plus souvent à l’adolescence, quand les règles n’arrivent jamais. En France, la gestation pour autrui est interdite : pendant longtemps, pour ces femmes, il ne restait que l’adoption.
Sa mère lui a donné son utérus
En octobre 2023, à l’hôpital Foch de Suresnes, Océane reçoit l’utérus que sa propre mère a accepté de lui donner. Le vendredi 3 juillet 2026, après huit mois de grossesse, elle met au monde Louisa, 2 kilos 600. La naissance s’est déroulée dans de très bonnes conditions, a précisé l’hôpital dans son communiqué du 9 juillet. Louisa a donc grandi dans l’utérus qui avait porté sa maman.
C’est le quatrième bébé né d’une greffe d’utérus en France, après Misha, puis Maxine, née de Déborah, la première greffée, et Léonie, née d’Anaïs, la deuxième. Derrière cette naissance, il y a plus de quinze ans de recherche de l’équipe du professeur Jean-Marc Ayoubi, chef du service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Foch, en collaboration avec celle du professeur Mats Brännström, de l’université de Göteborg. La première greffe d’utérus française date de mars 2019, la première naissance de février 2021.
Ce qu’il faut nuancer
On ne parle pas encore d’un soin accessible à toutes. La greffe d’utérus reste un protocole de recherche très encadré : sur les dix greffes autorisées à l’hôpital Foch, quatre ont été menées avec succès et une cinquième est en préparation. Dans le monde entier, on compte seulement une centaine de greffes. L’opération est lourde, elle impose un traitement antirejet pendant toute la durée du projet parental, et l’utérus est retiré après les grossesses.
Mais pour des milliers de femmes nées sans utérus, ou qui ont perdu le leur, une porte qu’on croyait fermée à vie s’ouvre pour de bon. Et ça, l’espoir, ça se partage.
Questions fréquentes
Qui est Louisa, le quatrième bébé né d'une greffe d'utérus en France ?
Louisa est née le vendredi 3 juillet 2026 à l'hôpital Foch de Suresnes, au terme de huit mois de grossesse et avec un poids de 2 kilos 600. Sa maman, Océane, avait reçu en octobre 2023 l'utérus donné par sa propre mère. L'hôpital a annoncé la naissance le 9 juillet 2026.
Qu'est-ce que le syndrome MRKH ?
Le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser est une anomalie congénitale rare de l'appareil reproducteur féminin, qui touche environ une fille sur 4 500. L'utérus et le col sont absents ou très peu développés, souvent avec un vagin raccourci, alors que les ovaires fonctionnent normalement. Le diagnostic tombe le plus souvent à l'adolescence, quand les règles n'arrivent jamais.
La greffe d'utérus est-elle un traitement courant ?
Non, pas encore. Elle reste un protocole de recherche très encadré : à l'hôpital Foch, quatre greffes ont été menées avec succès sur les dix autorisées et une cinquième est en préparation. Dans le monde, on compte environ une centaine de greffes. L'opération est lourde, elle impose un traitement antirejet, et l'utérus est retiré après les grossesses.