Le constat
Sous la Révolution, une partie des statues, des vitraux, des tombeaux, des bibliothèques et des archives du pays part en morceaux. Détruire ce qui rappelle l’Ancien Régime paraît normal à beaucoup, et il n’existe aucun terme pour désigner ces destructions autrement que comme un fait politique de plus. Sans mot pour nommer une chose, on ne peut pas vraiment la combattre.
La preuve
Ce député s’appelle Henri Grégoire, il est prêtre, et il siège à la Convention. En 1794, dans des rapports adressés aux députés, il fabrique un terme en s’inspirant des Vandales, ce peuple associé au sac de Rome : le vandalisme. Le mot n’est pas neutre, c’est une accusation, et c’est exactement son but. Il veut faire honte à ceux qui détruisent, pour que ça s’arrête. Le même homme militait pour l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits.
Soyons honnêtes
Grégoire n’était pas un observateur neutre : le mot lui servait dans un combat de son temps, et les historiens discutent encore l’ampleur réelle des destructions qu’il dénonçait. Ce qui n’est pas discuté, c’est ce qu’il a fabriqué. Un mot créé pour protéger des vitraux et des archives a fini par désigner un abribus cassé. Il a changé de sens, mais il fait toujours le même travail : donner un nom à la destruction, pour pouvoir la refuser.
Questions fréquentes
Qui a inventé le mot vandalisme ?
Henri Grégoire, prêtre et député à la Convention, en 1794, dans des rapports adressés aux députés. Il s'est inspiré des Vandales, peuple associé au sac de Rome.
Pourquoi avoir créé ce mot ?
Pour pouvoir nommer les destructions du patrimoine et donc les combattre. C'est une accusation assumée, destinée à faire honte à ceux qui détruisaient.
Le mot a-t-il gardé son sens ?
Il a changé d'objet : créé pour protéger vitraux et archives, il désigne aujourd'hui un abribus cassé. Mais il fait le même travail, donner un nom à la destruction pour pouvoir la refuser.