Le constat
On part généralement du principe qu’un espace propre demande beaucoup de corbeilles. Sauf qu’au Japon, un visiteur remarque très vite l’inverse : il cherche une poubelle, il n’en trouve pas, il finit par garder son emballage dans son sac pendant des heures. Et les rues, elles, sont impeccables. Le rapport entre les deux n’est pas celui qu’on croit.
La preuve
En mars 1995, l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo change beaucoup de choses. Par crainte qu’elles servent à cacher un engin, une grande partie des poubelles publiques disparaît de l’espace urbain. Ce qui devait être une mesure de sécurité est devenu une habitude sociale : on remporte ses déchets chez soi, où le tri est très détaillé, avec ses catégories et ses jours de collecte. Et à l’école, ce sont les élèves qui nettoient eux-mêmes leur classe et les couloirs, sur le temps scolaire. Entretenir le lieu commun n’est pas une punition, c’est une matière.
Soyons honnêtes
Admirer la propreté des rues, c’est une chose. En faire un modèle de société complet en est une autre, et ce serait malhonnête. Le même pays connaît des temps de travail très lourds dans certains secteurs, une natalité qui recule, une des populations les plus âgées du monde, des logements minuscules et chers dans les grandes villes. Ce qui se transmet ici, c’est un rapport précis à l’espace partagé, pas un mode de vie à copier en bloc. Une bonne idée reste une bonne idée, même sans idéaliser ceux qui l’appliquent.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il si peu de poubelles au Japon ?
Une grande partie a été retirée de l'espace public après l'attentat au gaz sarin du métro de Tokyo, en mars 1995, par crainte qu'elles servent à cacher un engin.
Qui nettoie les écoles japonaises ?
Les élèves eux-mêmes, sur le temps scolaire. L'entretien du lieu commun y est considéré comme un apprentissage, pas comme une punition.
Faut-il en faire un modèle ?
Ce qui se transmet ici, c'est un rapport précis à l'espace partagé. Le même pays connaît des temps de travail très lourds, une natalité en recul et des logements chers dans les grandes villes.