Le constat
Au début du dix-neuvième siècle, circuler tient de l’expédition. Les routes sont des pistes de terre que la pluie transforme en bourbier et l’été en tôle ondulée. Les roues creusent des ornières, les attelages s’enlisent, et un trajet de cinquante kilomètres peut prendre la journée. On savait construire des cathédrales, on ne savait pas faire une route qui tienne.
La preuve
John Loudon McAdam, ingénieur écossais, s’attaque au problème autour de 1816. Sa méthode : plusieurs couches de pierres concassées, de calibre de plus en plus fin, bien compactées, sur un sol drainé et légèrement bombé. Le point important n’est pas la pierre, c’est le drainage. Une route ne casse pas à cause du poids, elle casse parce que l’eau s’infiltre en dessous. En gardant le sol sec, une chaussée peu épaisse encaisse des charges considérables. La méthode se répand dans toute l’Europe, et prend son nom.
Soyons honnêtes
Le mot désigne aujourd’hui l’asphalte noir de nos rues, et c’est un contresens. Le macadam de McAdam, c’est de la pierre concassée et rien d’autre. Le goudron n’arrive qu’à la fin du dix-neuvième siècle, sous le nom de tarmacadam, parce que les premières automobiles soulevaient des nuages de poussière insupportables. On a gardé son nom pour désigner quelque chose qu’il n’avait pas inventé. Il y a pire comme postérité : marcher sur le nom de quelqu’un tous les jours.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le macadam à l'origine ?
Plusieurs couches de pierres concassées de calibre décroissant, compactées sur un sol drainé et légèrement bombé. Pas de goudron : uniquement de la pierre.
Quelle était l'idée clé ?
Le drainage. Une chaussée ne casse pas à cause du poids mais parce que l'eau s'infiltre en dessous. En gardant le sol sec, une route peu épaisse encaisse des charges considérables.
D'où vient l'asphalte noir alors ?
Le goudron n'arrive qu'à la fin du 19e siècle, sous le nom de tarmacadam, parce que les premières automobiles soulevaient des nuages de poussière insupportables.