Le constat
Été 1943. La famille de Marshall Rosenberg s’installe à Detroit. Deux semaines plus tard, des émeutes raciales embrasent le quartier. Le petit garçon passe trois jours enfermé à la maison. À la rentrée, il découvre qu’un nom de famille peut faire aussi peur qu’une couleur de peau. De là naît la question qui occupera toute sa vie : pourquoi certains restent humains sous pression, et d’autres non. Sa réponse tient dans notre façon de parler. On dit « tu es égoïste », « tu ne m’écoutes jamais », et on croit décrire la réalité. On étiquette. Et l’autre se ferme.
La bonne nouvelle
Rosenberg devient docteur en psychologie clinique, se forme auprès de Carl Rogers, et met au point une méthode d’une simplicité désarmante : la Communication NonViolente. Quatre temps, dans cet ordre. Je décris ce que j’observe, sans y coller de jugement. Je dis ce que ça me fait. Je nomme le besoin qui est derrière. Et je formule une demande concrète, que l’autre peut accepter ou refuser. « Tu es toujours en retard » devient « tu es arrivé une heure après l’heure prévue, je me suis inquiété, j’ai besoin qu’on se prévienne ». Même situation, conversation complètement différente. En 1984, il fonde le Center for Nonviolent Communication. Aujourd’hui des formateurs certifiés enseignent la méthode dans plus de quarante pays, et le livre s’est vendu à plus de sept millions d’exemplaires dans plus de quarante langues.
Soyons honnêtes
Ce livre ne répare pas un couple à lui tout seul et ne remplace ni un thérapeute ni une porte de sortie face à quelqu’un de violent. Les premières fois, les quatre temps sonnent scolaire, presque robotique, et on a l’impression de réciter. C’est le prix de l’apprentissage : n’importe quelle langue est raide avant de devenir naturelle. Ce livre s’adresse à ceux qui en ont assez de gagner des disputes et qui préfèrent comprendre ce qui se joue en face. Une phrase à la fois, sur un vrai désaccord de la semaine. C’est comme ça que ça rentre.
La fiche du livre
Titre original : « Nonviolent Communication: A Language of Life », publié en 1999 par PuddleDancer Press. Titre français : « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs). Initiation à la Communication NonViolente », aux Éditions La Découverte, troisième édition parue en 2018. L’éditeur français annonce deux cent soixante-dix mille exemplaires vendus en France. À l’échelle mondiale, PuddleDancer Press revendique plus de sept millions d’exemplaires et plus de quarante langues.
Questions fréquentes
Que raconte le livre « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » ?
Le psychologue américain Marshall B. Rosenberg y expose la Communication NonViolente, sa méthode pour dire un désaccord sans agresser. Elle tient en quatre temps : l'observation des faits sans jugement, le sentiment que ça provoque, le besoin qui est derrière, puis une demande concrète que l'autre reste libre d'accepter ou de refuser.
Qui était Marshall Rosenberg ?
Marshall B. Rosenberg (1934-2015) était un psychologue américain, docteur en psychologie clinique de l'Université du Wisconsin en 1961, formé auprès de Carl Rogers. Enfant, il a vécu les émeutes de Detroit de 1943 depuis un quartier au centre des violences. Il a fondé le Center for Nonviolent Communication en 1984.
La Communication NonViolente fonctionne-t-elle vraiment ?
C'est une pratique, pas une formule magique. Elle aide à sortir du jugement et à se faire comprendre dans un désaccord ordinaire, mais elle ne remplace ni un accompagnement thérapeutique ni une mise à distance face à une personne violente. Les premières fois, les quatre temps sonnent scolaires : c'est normal, ça s'assouplit avec l'usage.