# Open space : ils ont mesuré, les gens se parlent moins

> Ethan Bernstein et Stephen Turban, de Harvard, ont voulu mesurer plutôt que sonder. Ils ont fait porter à des salariés un badge à capteurs enregistrant les interactions en face à face, la parole, l'écoute et les déplacements, pendant trois semaines avant le passage en open space et trois semaines après. Résultat publié en 2018 dans les Philosophical Transactions of the Royal Society B : le temps passé en face à face chute d'environ 70 %, les e-mails augmentent de 56 % et les messages instantanés de 67 %. Soit l'inverse exact de l'argument qui a servi à vendre ces aménagements. L'explication des auteurs tient en une phrase : plutôt que de déclencher une collaboration plus vivante, l'espace ouvert déclenche une réaction humaine banale, le retrait social. Nuance, l'étude porte sur deux sièges de grandes entreprises et sur une période courte, et un plateau doté de bulles d'isolement n'a rien à voir avec un grand plateau nu.

*Business · Par Anthony Brice · 6 août 2026 · 2 min de lecture*

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## Le constat

L'open space s'est imposé avec un argument simple : abattre les cloisons ferait circuler la parole et les idées. L'argument a rarement été vérifié.

Ethan Bernstein et Stephen Turban, de Harvard, ont décidé de le mesurer. Pas de sonder les salariés sur leur ressenti : mesurer.

## Ce que la mesure a montré

Des salariés ont porté un badge à capteurs, qui enregistre les interactions en face à face, la parole, l'écoute et les déplacements. Trois semaines avant le déménagement, trois semaines après.

Le temps passé en face à face chute d'environ 70 %. Les e-mails augmentent de 56 %, les messages instantanés de 67 %.

L'explication des auteurs tient en une phrase : plutôt que de déclencher une collaboration plus vivante, l'espace ouvert déclenche une réaction humaine très banale, le retrait social. Privés de murs, les gens se sont fabriqué des cloisons numériques.

## Soyons honnêtes

L'étude porte sur deux sièges de grandes entreprises et sur une période courte. Elle ne dit pas que tous les open spaces se valent : un plateau avec des bulles d'isolement, des règles de silence et des salles disponibles n'a rien à voir avec un grand plateau nu.

## Ce qu'on peut en faire

Elle démonte en revanche l'argument qui a servi à les généraliser. On n'a jamais abattu les cloisons pour faire parler les gens, on les a abattues parce que ça coûte moins cher au mètre carré. C'est une raison parfaitement valable, à condition de l'assumer.

## Questions fréquentes

### Comment l'étude a-t-elle été menée ?

Par la mesure et non par questionnaire. Des salariés ont porté un badge à capteurs enregistrant les interactions en face à face, la parole, l'écoute et les déplacements, trois semaines avant le passage en open space et trois semaines après, dans deux sièges de grandes entreprises.

### Pourquoi les gens se parlent-ils moins en open space ?

Les auteurs parlent de retrait social. Privés de la possibilité de s'isoler, les salariés reconstituent des cloisons par d'autres moyens : casque sur les oreilles, e-mail et messagerie instantanée plutôt que conversation.

### Faut-il revenir aux bureaux fermés ?

L'étude ne dit pas ça. Elle démonte l'argument de la collaboration, qui a servi à généraliser ces aménagements. Un plateau ouvert doté d'espaces d'isolement, de règles de silence et de salles disponibles n'a rien à voir avec un grand plateau nu.

## Sources

Source : Ethan S. Bernstein et Stephen Turban, « The impact of the open workspace on human collaboration », Philosophical Transactions of the Royal Society B, 2018.

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