# Plastic Odyssey : 415 recycleurs formés en trois ans et demi

> Le 1er octobre 2022, le navire laboratoire Plastic Odyssey quitte Marseille. Le 2 avril 2026, il y revient, accueilli sur l'esplanade du J4 devant le Mucem. Entre les deux : trois ans et demi de mer, une trentaine d'escales de trois semaines sur trois continents, vingt personnes à bord et un atelier de sept machines low-tech qui broient, lavent, sèchent, fondent et compressent le plastique pour en refaire des objets, avec des plans publiés en open source. Bilan de l'expédition cofondée par Simon Bernard et Alexandre Dechelotte : 415 entrepreneurs formés au recyclage local, plus de 200 solutions documentées, une quinzaine de micro-usines en conteneur installées en Afrique, dans l'océan Indien, aux Philippines et en Indonésie, et environ 15 000 visiteurs reçus à bord dont 8 500 enfants. À nuancer : l'équipage dit lui-même que le recyclage ne suffira pas et met désormais en avant la réduction à la source. Selon la Région Bretagne, 80 % de cette pollution pourrait être évitée avec des solutions déjà existantes et éprouvées.

*Environnement · Par François Xavier Thailly · 10 août 2026 · 4 min de lecture*

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## Le constat

Le plastique qui étouffe la mer ne vient pas du large. Il part des villes, des décharges à ciel ouvert, des ruisseaux, et il descend jusqu'à l'océan. Dans beaucoup de pays, le problème n'est pas le manque d'envie : c'est qu'il n'existe aucune filière pour récupérer la matière, et aucune machine abordable pour la transformer. Alors tout part à l'eau. C'est de ce constat très concret, en amont et pas en pleine mer, qu'est née l'expédition Plastic Odyssey.

## La bonne nouvelle

Simon Bernard, ancien officier de la marine marchande, et Alexandre Dechelotte ont racheté un bâtiment de recherche de quarante mètres et l'ont transformé en atelier. À bord, sept machines low-tech broient, lavent, sèchent, fondent et compressent le plastique pour en refaire des objets. Les plans sont publiés en open source, pour que n'importe qui puisse les copier.

Parti de Marseille le 1er octobre 2022, le navire y est rentré le 2 avril 2026 après trois ans et demi de mer, une trentaine d'escales de trois semaines et trois continents, avec vingt personnes à bord. À chaque escale, la même méthode : trouver ceux qui bricolent déjà des solutions sur place, les documenter, puis former des gens à monter leur propre atelier.

## Ce que ça change

Le bilan tient en quelques chiffres. 415 entrepreneurs formés au recyclage local. Plus de 200 solutions recensées auprès de recycleurs du monde entier, puis partagées. Une quinzaine de micro-usines en conteneur déjà installées en Afrique, dans l'océan Indien, aux Philippines et en Indonésie, avec l'objectif d'en compter plusieurs centaines d'ici 2030. Et environ 15 000 personnes reçues à bord pendant les escales, dont 8 500 enfants, pour 560 jours passés à quai.

Le jour du retour, les Marseillais ont accueilli l'équipage sur l'esplanade du J4, devant le Mucem, avec des chants de marins, des jets d'eau et un convoi nautique. Quelques jours plus tôt, le navire avait été distingué aux Explorer Awards du Yacht Club de Monaco.

## Soyons honnêtes

L'équipage le dit lui-même : on ne recyclera jamais assez vite pour rattraper ce qu'on produit. C'est pour ça que leur discours a glissé, au fil des escales, du recyclage vers la réduction à la source. La bonne nouvelle est ailleurs : selon la Région Bretagne, 80 % de cette pollution pourrait être évitée avec des solutions qui existent déjà et qui ont été testées. Le navire fait maintenant le tour des ports français pour les montrer, de Lorient à Saint-Malo en passant par Le Havre.

## Questions fréquentes

### Qui est Simon Bernard ?

Un Breton, ancien officier de la marine marchande, cofondateur de Plastic Odyssey avec Alexandre Dechelotte. Plutôt que de collecter le plastique déjà parti au large, il a choisi de s'attaquer à ce qui descend les rivières, en apportant sur place des machines de recyclage simples et des formations. Le 2 avril 2026, c'est lui qui a prononcé le discours d'arrivée à quai, à Marseille.

### Qu'est-ce que le navire Plastic Odyssey transporte exactement ?

C'est un ancien bâtiment de recherche de quarante mètres transformé en atelier flottant. À bord, sept machines dites low-tech se succèdent : elles broient le plastique, le lavent, le sèchent, le fondent, l'extrudent et le compressent pour l'injecter dans des moules et en refaire des objets. Rien n'est gardé secret : les plans sont publiés en open source pour que n'importe qui puisse les reproduire.

### Est-ce que le recyclage suffit à régler la pollution plastique ?

Non, et l'équipage est le premier à le dire. On ne recycle jamais assez vite pour rattraper ce qui est produit chaque jour, et le discours de l'association a glissé au fil des escales du recyclage vers la réduction à la source. Le point encourageant, rappelé par la Région Bretagne, est que 80 % de cette pollution pourrait être évitée grâce à des solutions qui existent déjà et qui ont été éprouvées.

### Où peut-on visiter le navire ?

Depuis son retour à Marseille en avril 2026, le Plastic Odyssey fait le tour des ports français et ouvre ses coursives au public : Lorient du 8 au 11 juin, Concarneau du 11 au 14 juin, Saint-Malo du 25 juin au 7 juillet, puis Le Havre, avec visites scolaires, projections de documentaire et rencontres avec l'équipage.

## Sources

Sources : Mer et Marine ; Monaco Tribune, mars 2026 ; Région Bretagne (bretagne.bzh) ; Bretagne Circulaire ; plasticodyssey.org.

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