Le constat
Elizabeth Mizelle est infirmière et professeure à East Carolina University, en Caroline du Nord. Elle mesure depuis des années ce que la chaleur fait aux ouvriers agricoles. Son étude de 2020 est sans appel : quarante-six pour cent des travailleurs arrivent déjà déshydratés au début de leur journée, et tous le sont à la fin. Dans les champs de tabac, elle a relevé plus de quarante-trois degrés quand il en faisait trente-sept autour. Le problème n’est pas qu’ils refusent de boire. C’est que l’eau est au bout du champ, et que s’arrêter coûte du temps.
La bonne nouvelle
L’idée lui vient de ses deux frères, qui portaient ce genre de sac à l’armée. Une poche de deux à trois litres glissée dans un sac à dos, un tube souple qui remonte jusqu’à l’épaule, un embout au bout : on boit en continuant à travailler, sans poser les mains. Le tout coûte environ vingt dollars. Plus de deux cents ouvriers agricoles en ont reçu un gratuitement au début de la saison 2022, par un centre de santé de l’est de la Caroline du Nord. Sur les quarante-sept interrogés ensuite, quatre-vingt-dix pour cent l’ont jugé utile, soixante-quatorze pour cent disent boire davantage et soixante-dix-neuf pour cent boire plus souvent.
Soyons honnêtes
Boire mieux ne rend personne invincible sous quarante-trois degrés. Ce qui protège vraiment, ce sont des pauses à l’ombre, des horaires décalés quand la chaleur monte, et des règles qui s’appliquent partout. Elizabeth Mizelle le dit elle-même : elle aimerait que les législateurs et les exploitants s’en emparent. Son sac à vingt dollars ne règle pas tout, mais il fait quelque chose que peu d’inventions font : il coûte presque rien, il marche tout de suite, et il part du quotidien réel de ceux qui le portent.
Questions fréquentes
Pourquoi les ouvriers agricoles se déshydratent-ils autant ?
Pas par refus de boire : parce que l'eau se trouve au bout du champ et que s'arrêter coûte du temps de travail. L'étude menée en 2020 par Elizabeth Mizelle montre que quarante-six pour cent des travailleurs arrivent déjà déshydratés en début de journée, et que tous le sont en fin de journée. Dans les champs de tabac, elle a mesuré plus de quarante-trois degrés alors qu'il en faisait trente-sept alentour.
Comment fonctionne cette poche à eau ?
C'est une poche de deux à trois litres glissée dans un sac à dos, prolongée par un tube souple qui remonte jusqu'à l'épaule et se termine par un embout. Le travailleur boit sans poser les mains ni interrompre sa tâche. L'idée vient des deux frères d'Elizabeth Mizelle, qui portaient ce type d'équipement à l'armée. Le tout coûte environ vingt dollars.
Est-ce que cela suffit à protéger de la chaleur ?
Non, et l'intéressée est la première à le dire. Boire mieux ne rend personne invincible sous quarante-trois degrés : ce qui protège vraiment, ce sont les pauses à l'ombre, des horaires décalés quand la chaleur monte et des règles qui s'appliquent partout. Elizabeth Mizelle souhaite d'ailleurs que les législateurs et les exploitants s'emparent du sujet.