Le constat
Susan Young Browne est née dans le Delaware en 1918, en pleine ségrégation. Elle a grandi en travaillant à la ferme avec sa famille, dans une maison sans eau courante et sans électricité. Elle a fait ses études au Delaware State College for Colored Students, le nom qu’il portait à l’époque, et elle en est sortie diplômée en 1945. Puis elle a enseigné pendant trente ans, dont une partie dans une école à classe unique, avec tous les niveaux dans la même pièce.
La preuve
Elle a cent huit ans et elle vient de le faire renouveler. Sur le papier, la date d’expiration tombe en 2033. Trois fois par semaine, elle va à son cours de gym collectif au centre pour seniors de sa ville, et elle suit en plus sa propre routine d’exercice, la même depuis vingt ans. Pour ses cent huit ans, cent trente personnes sont venues à Dover, dont le gouverneur du Delaware. On lui a offert une place de parking réservée. À cent huit ans, avec un permis valable neuf ans, c’est le cadeau le plus utile qu’on pouvait lui faire.
Soyons honnêtes
On aime bien demander aux centenaires leur secret, comme s’il y en avait un qu’on pourrait copier. La génétique, la chance et l’époque font une bonne partie du travail, et personne ne devient centenaire en suivant un conseil. Ce que Susan Young Browne dit d’elle-même est plus modeste que ça : je vieillis avec grâce. Et pour la retraite : je ne vais pas m’asseoir. Une femme née sans électricité, qui a enseigné trente ans, et qui à cent huit ans continue d’aller à son cours de gym trois fois par semaine.
Questions fréquentes
Conduit-elle encore ?
Oui. Son permis vient d'être renouvelé et court jusqu'en 2033. Pour son 108e anniversaire, on lui a d'ailleurs offert une place de parking réservée.
Quel a été son métier ?
Enseignante pendant trente ans, après un diplôme obtenu en 1945 au Delaware State College for Colored Students, devenu depuis la Delaware State University. Elle a notamment enseigné dans une école à classe unique.
Quel est son secret ?
Elle n'en revendique aucun. Ses deux phrases : « Je vieillis avec grâce » et, à propos de la retraite, « je ne vais pas m'asseoir ».