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Une maladie parmi les plus atroces liées à l’eau
Le ver de Guinée se transmet par une eau stagnante contaminée. On avale, sans le voir, un minuscule parasite. Environ un an plus tard, un ver adulte d’environ un mètre de long migre sous la peau et finit par en sortir, très lentement, pendant des semaines de douleur intense. Cette maladie, la dracunculose, accompagne l’humanité depuis l’Antiquité. Elle n’a jamais eu ni médicament pour la soigner, ni vaccin pour la prévenir.
De 3,5 millions de cas à une poignée
C’est ce qui rend la nouvelle si forte. Dans les années 1980, on comptait environ 3,5 millions de cas par an dans une vingtaine de pays. En 2024, il n’en restait plus que 14 cas humains dans le monde entier. Si la tendance se confirme, le ver de Guinée deviendra la deuxième maladie humaine éradiquée de l’histoire, après la variole.
Comment, sans aucun médicament
Le plus étonnant, c’est la méthode. Sans traitement ni vaccin, tout repose sur la prévention. Le Carter Center, fondé par l’ancien président américain Jimmy Carter, s’est associé à l’OMS et à l’UNICEF pour agir village par village : apprendre aux gens à filtrer leur eau avec des filtres en tissu et des pailles filtrantes, surveiller les cas et empêcher les malades de contaminer les points d’eau. De la santé publique de base, mais menée avec une patience remarquable.
Ce qu’il faut nuancer
Chez Wanted, on raconte les bonnes nouvelles honnêtement. Ce n’est pas encore tout à fait terminé. Le dernier obstacle est inattendu : le ver infecte désormais des chiens, surtout au Tchad, ce qui complique la toute dernière ligne droite. Éradiquer une maladie jusqu’au dernier cas demande du temps. Mais passer de trois millions et demi de cas à une poignée, sans médicament, reste une des plus belles victoires de la santé mondiale.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le ver de Guinée ?
Le ver de Guinée, ou dracunculose, est une maladie parasitaire que l'on attrape en buvant de l'eau contaminée. Environ un an après l'infection, un ver d'environ un mètre de long sort lentement de la peau, provoquant des semaines de douleur. Il n'existe ni médicament ni vaccin contre elle.
Combien reste-t-il de cas de ver de Guinée dans le monde ?
Dans les années 1980, on comptait environ 3,5 millions de cas par an dans une vingtaine de pays. En 2024, il n'en restait plus que 14 cas humains dans le monde entier. La maladie est donc au bord de l'éradication.
Comment a-t-on presque éradiqué le ver de Guinée sans médicament ?
Uniquement par la prévention. Le Carter Center, avec l'OMS et l'UNICEF, a appris aux villages à filtrer leur eau, à surveiller les cas et à empêcher les malades de contaminer les points d'eau. Cette approche patiente, menée village par village, a fait chuter le nombre de cas.