La PrEP, une prévention qui existe déjà mais reste fragile
La PrEP (prophylaxie pré-exposition) est un traitement préventif : pris par une personne séronégative exposée au VIH, il empêche le virus de s’installer. C’est un outil de prévention majeur, en complément du préservatif et du dépistage. Jusqu’ici, la PrEP la plus répandue reposait sur un comprimé à prendre tous les jours. Or l’observance quotidienne est difficile à tenir dans la durée : oublis, déplacements, crainte de la stigmatisation, ruptures d’accès aux soins. L’efficacité réelle s’en ressent, surtout chez les populations les plus exposées.
Le lénacapavir : deux injections par an
Le lénacapavir se donne en une injection sous-cutanée deux fois par an, à six mois d’écart. Dans l’essai PURPOSE 1, mené chez des femmes cisgenres en Afrique du Sud et en Ouganda, aucune des plus de 2000 participantes ayant reçu le produit n’a été infectée, soit une efficacité de 100 %. Dans l’essai PURPOSE 2, chez des hommes cisgenres et des personnes de genres divers, la protection dépasse également 95 % et s’avère nettement supérieure à la pilule quotidienne. La raison est simple : il n’y a plus rien à oublier.
Ce que ça change
Les autorités sanitaires américaines (FDA) ont approuvé le produit en juin 2025, suivies par l’agence européenne du médicament en juillet 2025. L’Organisation mondiale de la santé l’a intégré à ses recommandations de prévention. Deux rendez-vous par an suppriment le principal point faible de la prévention, l’observance au jour le jour, et c’est aussi plus discret face à la stigmatisation.
Ce qu’il faut nuancer
Chez Wanted, on raconte les bonnes nouvelles honnêtement. Un excellent outil ne sert à rien s’il n’arrive pas jusqu’aux personnes qui en ont besoin. Le vrai combat, désormais, c’est le prix et l’accès, en particulier dans les pays où l’épidémie est la plus forte. Des accords de production de versions génériques seront décisifs. Mais on tient là une arme capable de faire nettement reculer les nouvelles infections.
Questions fréquentes
Le lénacapavir soigne-t-il le VIH ?
En prévention (PrEP), il empêche une personne séronégative d'attraper le VIH. La molécule est aussi utilisée dans le traitement de certaines personnes séropositives, mais l'annonce marquante concerne son usage préventif deux fois par an.
Remplace-t-il le préservatif ?
La PrEP protège très efficacement du VIH mais pas des autres infections sexuellement transmissibles. Le préservatif garde tout son intérêt, notamment contre ces autres IST.
Est-il déjà disponible partout ?
Non. Après les approbations de 2025 et la recommandation de l'OMS, le déploiement se met en place progressivement. Le prix et la production de génériques conditionnent son accès dans les pays les plus touchés.