À seize ans, il regardait les autres tomber du ciel
En 1944, Abel Martineau a seize ans quand il rejoint le maquis avec ses deux frères. Son groupe est renforcé par le commando Jedburgh et ses parachutistes. Eux sautent, lui reste au sol. Il n’a jamais oublié ces hommes qui tombaient du ciel : « Je me suis toujours dit qu’il fallait un certain courage pour sauter en parachute. Surtout à cette époque-là », raconte-t-il aujourd’hui. Toute sa vie, une question lui est restée en tête : quelle impression ça fait, de sauter dans le vide ?
Quatre-vingt-deux ans plus tard, il a sauté
Vendredi 3 juillet 2026, certificat médical et accord de son cardiologue en poche, Abel monte dans l’avion à l’aérodrome des Sables-d’Olonne. Il saute en tandem avec Olivier Maheu, moniteur du club Vendée Évasion Parachutisme, et survole Les Sables-d’Olonne, l’île d’Yeu et l’île de Ré, au-dessus du territoire pour lequel il s’était engagé pendant la guerre.
Son verdict, à 98 ans : « J’aurais pu penser que j’allais paniquer, mais non. Je n’étais même pas stressé. J’ai sauté et j’ai trouvé ça formidable. » Son moment préféré, c’était la chute libre, et son seul regret aussi : « La chute libre n’a pas duré assez longtemps. Je ne voulais pas en perdre une seconde. » Il redoutait un atterrissage brutal, il n’y a rien eu de tel.
Il veut déjà y retourner
À peine posé dans le champ, il pensait à la suite : refaire le saut, mais au-dessus du Bois des Gâts, là où était son maquis. Une façon de boucler la boucle avec les camarades de 1944 : « J’ai pensé à ceux qui, pendant la guerre, ont été obligés de sauter. »
Ce qu’il faut nuancer
Soyons honnêtes : sauter à 98 ans ne s’improvise pas. Il faut un certificat médical, obligatoire au-delà de 65 ans, le feu vert d’un cardiologue et un moniteur diplômé sanglé dans le dos. Ce n’est pas une recette qui marche pour tout le monde. Abel, lui, balaie le mot exploit : « Que ce soit à 98 ou 100 ans, moi je ne me suis pas posé la question. Je voulais le faire, c’est tout. » Voilà une phrase à garder au chaud pour le jour où on se dira qu’il est trop tard.
Sources
- France 3 Pays de la Loire (franceinfo), Marie Greco, « “La chute libre n’a pas duré assez longtemps”, cet ancien résistant découvre le saut en parachute à 98 ans », 14 juillet 2026.
- Club Vendée Évasion Parachutisme, Les Sables-d’Olonne (organisateur du saut, auteur des images).
Questions fréquentes
Qui est Abel Martineau ?
C'est un Vendéen de 98 ans, ancien magasinier et ancien résistant. En 1944, à seize ans, il est entré dans le maquis avec ses deux frères. Son groupe a été rejoint par le commando Jedburgh et ses parachutistes, mais lui n'a jamais sauté à cette époque. Il a fait son premier saut le 3 juillet 2026.
Peut-on sauter en parachute à 98 ans ?
Oui, en tandem, à condition de présenter un certificat médical, obligatoire au-delà de 65 ans. Abel Martineau avait aussi l'accord de son cardiologue et il était sanglé à un moniteur diplômé, Olivier Maheu, du club Vendée Évasion Parachutisme.
Qu'a-t-il dit après son saut ?
Qu'il n'avait même pas eu peur : « J'aurais pu penser que j'allais paniquer, mais non. Je n'étais même pas stressé. J'ai sauté et j'ai trouvé ça formidable. » Son seul regret, c'est que la chute libre n'ait pas duré assez longtemps. Il veut déjà refaire le saut, cette fois au-dessus du Bois des Gâts, sur les lieux de son maquis.