Animaux Par · 11 août 2026 · 3 min de lecture

L'aigle de Bonelli avait presque disparu de France. 44 aiglons ont quitté le nid

ON PROTÈGE
Aigle de Bonelli : 44 aiglons envolés, record en France

En bref. L'aigle de Bonelli est le rapace le plus rare des falaises méditerranéennes françaises. Tiré pendant des décennies, électrocuté sur les lignes électriques, dérangé au nid, il est tombé deux fois à son plus bas niveau connu : 22 couples en 1999, puis encore 22 en 2002. La courbe est repartie. En 2025, la population française a franchi pour la première fois la barre des 50 couples, 51 exactement, qui ont élevé 36 jeunes, neuf de plus que l'année précédente. Et le bilan provisoire publié le 17 juin 2026 par le plan national d'actions annonce un record : 44 aiglons envolés cette année, 18 en Occitanie, 21 en Provence-Alpes-Côte d'Azur et 5 en Auvergne-Rhône-Alpes. Le précédent record datait de 2020, avec 40 jeunes. Derrière ce chiffre, trente ans de travail : falaises interdites d'accès du 15 janvier au 30 juin, pylônes sécurisés avec les électriciens, presque chaque poussin bagué au nid, une centaine d'observateurs sur le terrain. Nuance : l'espèce reste classée En danger, six aigles suivis ont été retrouvés morts sur la saison 2024-2025 dont trois électrocutés, aucun nouveau couple n'a été détecté en 2026 et le bilan de l'année est encore provisoire.

Le rapace le plus rare de nos falaises

L’aigle de Bonelli niche sur les parois calcaires du pourtour méditerranéen : les Bouches-du-Rhône, l’Hérault, le Gard, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, le Vaucluse, l’Ardèche. Un adulte, c’est un dos brun sombre, un ventre blanc rayé, une nuque claire, et une envergure qui remplit le ciel d’une gorge.

Pendant des décennies, on l’a tiré. Puis sont venues les lignes électriques, le dérangement des sites de nidification, la disparition des pelouses sèches où il chasse. L’espèce a dévissé jusqu’à toucher deux fois le fond : 22 couples en 1999, et encore 22 en 2002, pour tout le pays. À ce niveau, une population ne tient plus qu’à un fil.

2025 : la barre des 50 couples enfin franchie

Le bilan national du plan d’actions, publié en octobre 2025, s’ouvre sur une phrase qu’on n’attendait plus : un palier symbolique est atteint et franchi, avec 51 couples cantonnés en France. Le dixième couple héraultais est aussi le vingtième couple occitan et le cinquantième français. Ces 51 couples ont mené 36 jeunes à l’envol, neuf de plus que l’année précédente.

2026 : 44 aiglons, jamais vu

Le 17 juin 2026, les coordinateurs du plan publient leur bilan provisoire de la saison. Les premiers jeunes viennent de s’envoler, les autres suivent dans les jours qui viennent, et le compte est déjà historique : 44 aiglons produits en France, 18 en Occitanie, 21 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 5 en Auvergne-Rhône-Alpes. Le record tenait depuis 2020, avec 40 jeunes. L’Occitanie a même connu beaucoup de nichées à deux poussins, ce qui n’arrive pas souvent.

Ce n’est pas de la chance. C’est trente ans de travail à la main. Des arrêtés préfectoraux ferment certains secteurs à toute pénétration, à pied comme en véhicule, du 15 janvier au 30 juin, drones compris, le temps que les couples couvent tranquilles. Les pylônes dangereux sont repris un par un avec les gestionnaires du réseau électrique. Presque chaque poussin est bagué au nid : un numéro unique, une carte d’identité, qui permet ensuite de savoir combien de temps l’oiseau vit, où il s’installe et ce qui le tue. Quarante-trois des cinquante et un sites sont suivis par balise GPS. Et derrière tout ça, il y a une centaine d’observatrices et d’observateurs, bénévoles pour beaucoup, qui remontent chaque printemps guetter les mêmes vires rocheuses.

Ce qu’il faut nuancer

L’aigle de Bonelli reste classé En danger sur la Liste rouge française. Sur la seule saison 2024-2025, six aigles bagués ou équipés d’un GPS ont été retrouvés morts. Trois par électrocution : une femelle au pied d’un pylône dans le Gard, un jeune né sur la Côte bleue retrouvé en Catalogne, une femelle de six ans récupérée dans les Calanques. L’autopsie de la première a aussi révélé une contamination chronique aux raticides.

Le bilan 2026 est provisoire, le compte définitif ne tombera qu’à l’automne. Et aucun nouveau couple n’a été détecté cette année : il y a plus de petits, pas encore plus de familles. Dans les Pyrénées-Orientales, sur deux couples, un seul a élevé un jeune en 2025, ce que l’Office français de la biodiversité rappelait en janvier 2026 pour demander de respecter les zones protégées. La courbe remonte, mais elle tient à peu de choses : des lignes à isoler, des falaises à laisser au calme au printemps.

Questions fréquentes

Combien reste-t-il d'aigles de Bonelli en France ?

La population française compte 51 couples nicheurs, un effectif atteint en 2025 et maintenu en 2026. Ils se répartissent entre la Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Occitanie et l'Ardèche. C'est la première fois depuis le début du suivi que la barre des 50 couples est franchie, alors que l'espèce était tombée à 22 couples en 1999 puis en 2002.

Pourquoi 2026 est-elle une année record pour l'espèce ?

Parce que 44 aiglons ont pris leur envol en France cette année, selon le bilan provisoire du plan national d'actions publié le 17 juin 2026 : 18 en Occitanie, 21 en Provence-Alpes-Côte d'Azur et 5 en Auvergne-Rhône-Alpes. Le précédent record était de 40 jeunes en 2020. L'Occitanie a compté beaucoup de nichées de deux poussins, ce qui est rare.

Qu'est-ce qui tue encore les aigles de Bonelli ?

L'électrocution sur les lignes électriques, en premier. Sur la saison 2024-2025, six aigles bagués ou équipés de GPS ont été retrouvés morts, dont trois électrocutés, en France et en Espagne. S'y ajoutent le dérangement au nid au printemps, l'empoisonnement indirect par les raticides et les collisions. Chaque ligne dangereuse identifiée est signalée aux gestionnaires du réseau pour être sécurisée.

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