Une voix qu’on reconnaît entre les terrasses
Si vous avez traîné du côté de Saint-Germain-des-Prés, vous l’avez forcément croisé. Ali Akbar est le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris. Sa pile sous le bras, sa casquette, et cette voix qui s’élève entre les terrasses. Il ne se contente pas de tendre un journal : il le crie, il le joue, il attrape le regard des gens pressés. C’est un métier qu’on croyait rangé au musée, et il le fait vivre tous les jours.
Du bateau de Rouen aux trottoirs de la Sorbonne
Son histoire commence loin d’ici. Né en 1953 à Rawalpindi, au Pakistan, il travaille sur un bateau qui accoste à Rouen en 1972. Il s’installe à Paris l’année suivante. Il vit sans papiers pendant des années, avant d’être régularisé dans les années 1980. C’est le Professeur Choron qui l’embauche pour vendre Charlie Hebdo autour de la Sorbonne et de Sciences Po. Il ne s’est jamais arrêté depuis.
Sa marque de fabrique, c’est l’humour. Pour faire lever le nez aux passants, il invente ses propres titres, tous plus farfelus les uns que les autres. « Trump va racheter la Corse », lance-t-il au milieu du boulevard. Les gens rient, s’arrêtent, et repartent avec un journal.
L’Élysée lui accroche la médaille
Le 28 janvier 2026, Ali Akbar est reçu à l’Élysée. Emmanuel Macron lui remet en personne les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite, en saluant « une figure incontournable » du quartier. Le président, lui, se souvient surtout d’avoir été son client quand il était étudiant à Sciences Po. C’est ce détail qui rend la scène belle : celui qui achetait le journal sur le trottoir accroche la médaille à celui qui le lui vendait.
Ce qu’il faut nuancer
Chez Wanted, on raconte les bonnes nouvelles honnêtement, et celle-ci a une drôle de fin. Après 53 ans passés dans ce pays, décoré par la République, Ali Akbar n’a toujours pas la nationalité française. Il espère que cette médaille aidera enfin sa demande à aboutir. Une reconnaissance qui en attend une autre. En attendant, il continue. Chaque jour, il rappelle à Paris qu’un journal, ça se crie encore dans la rue.
Questions fréquentes
Qui est Ali Akbar, le crieur de journaux de Paris ?
C'est le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris. Né en 1953 à Rawalpindi, au Pakistan, il arrive en France par un bateau qui accoste à Rouen en 1972 et s'installe à Paris l'année suivante. Le Professeur Choron l'embauche pour vendre Charlie Hebdo autour de la Sorbonne et de Sciences Po. Depuis, on le croise avec sa pile de journaux sous le bras du côté de Saint-Germain-des-Prés.
Pourquoi Ali Akbar a-t-il été décoré ?
Le 28 janvier 2026, il a été reçu à l'Élysée, où Emmanuel Macron lui a remis en personne les insignes de chevalier de l'ordre national du Mérite. Le président a salué « une figure incontournable » du quartier. Il avait lui-même été client d'Ali Akbar quand il était étudiant à Sciences Po.
Ali Akbar est-il français ?
Non. Après 53 ans passés dans le pays, et malgré cette décoration remise par le président, il n'a toujours pas la nationalité française. Il espère que la médaille aidera enfin sa demande à aboutir. En attendant, il continue de crier les journaux dans la rue.