Le constat
En France, on estime à environ 600 000 le nombre de personnes autistes, dont la moitié concernées par le marché du travail ordinaire (Haute Autorité de santé, chiffre repris par le gouvernement en réponse au Sénat en 2023). Leur taux d’emploi, lui, n’est pas mesuré : il n’existe aucune statistique publique française sur le sujet. La stratégie nationale autisme 2018-2022 retient 0,5 % de personnes autistes en emploi en milieu ordinaire, et l’association Autisme France estime entre 75 et 90 % la part des adultes autistes sans emploi. Quand Jean-François Dufresne, alors directeur général du groupe Andros, propose en 2014 d’embaucher des adultes autistes sévères sur une ligne de production, la quasi-totalité des acteurs du handicap lui annonce l’échec.
Son propre fils est autiste. C’est de là que part l’idée, et elle prend le problème à l’envers : et si l’obstacle n’était pas eux, mais le poste ?
La bonne nouvelle
À l’usine Novandie d’Auneau, en Eure-et-Loir, les postes sont adaptés. Pas les tâches : mêmes gestes, mêmes exigences que les autres salariés. Interrogé en 2017 sur ce que ça donne, il répond sans détour qu’ils sont au moins aussi efficaces que les employés dits ordinaires.
Dix ans plus tard, ils sont onze à y travailler en CDI, à mi-temps. Le reste de la journée, ils sont accompagnés à la Maison du Parc, à côté de l’usine.
Soyons honnêtes
Ça ne s’improvise pas. Le dispositif coûte de l’ordre de 35 000 euros par personne et par an, et il repose sur un accompagnement présent tous les jours. C’est une organisation, portée par une association dédiée, pas une bonne intention.
Ce qu’on peut en faire
Ce qui a changé à Auneau, ce ne sont pas les personnes. C’est le poste. La question, pour n’importe quelle entreprise, devient donc : quel poste pourrait être adapté, plutôt que refusé ?
Questions fréquentes
Comment fonctionne le dispositif d'Andros à Auneau ?
Les salariés autistes travaillent le matin sur des postes adaptés de l'usine, avec les mêmes tâches que leurs collègues, et sont accompagnés l'après-midi à la Maison du Parc pour des activités qui visent l'autonomie. Un encadrement dédié est présent tous les jours.
Est-ce que ça coûte cher à l'entreprise ?
Le dispositif est évalué à environ 35 000 euros par personne et par an, financements publics et associatifs compris. Ce n'est pas neutre, et c'est ce qui explique qu'il repose sur une association dédiée plutôt que sur la seule entreprise.
Pourquoi si peu d'adultes autistes travaillent-ils ?
En France, on estime à environ 600 000 le nombre de personnes autistes (Haute Autorité de santé). Leur taux d'emploi n'est pas mesuré officiellement : le rapport remis au gouvernement par Josef Schovanec en 2017 constate qu'il n'existe pas de donnée fiable. Les estimations disponibles vont de 0,5 % en emploi en milieu ordinaire (stratégie nationale autisme 2018-2022) à 75-90 % de personnes sans emploi selon l'association Autisme France. Le cas d'Auneau ne règle pas ce problème à l'échelle du pays, mais il montre que l'obstacle est souvent le poste, pas la personne.