Environnement 2 juillet 2026 · 4 min de lecture

Les énergies vertes passent devant le charbon, une première depuis un siècle

BRAVO
En 2025, les énergies renouvelables passent pour la première fois devant le charbon

En bref. En 2025, les énergies renouvelables ont produit plus d'électricité que le charbon à l'échelle mondiale, une première depuis plus d'un siècle. Selon le rapport de référence du think tank Ember (Global Electricity Review 2026), elles ont généré 5 072 térawattheures, contre 4 896 pour le charbon. Le principal moteur de ce basculement historique est l'énergie solaire, dont la croissance a couvert la quasi-totalité de la hausse de la demande mondiale d'électricité.

Un règne du charbon vieux de plus d’un siècle

Depuis la fin du XIXe siècle, le charbon a été la colonne vertébrale de la production d’électricité mondiale. Abondant, bon marché et facile à stocker, il a alimenté l’industrialisation de continents entiers. Mais il est aussi, de loin, la source d’électricité la plus émettrice de CO2.

Pendant des décennies, sa domination a semblé inébranlable. Même à mesure que les préoccupations climatiques grandissaient, le charbon continuait de progresser en valeur absolue, tiré par la demande des économies en forte croissance. Beaucoup le pensaient impossible à déloger de sa première place avant longtemps.

C’est ce qui rend l’année 2025 remarquable : pour la première fois depuis plus de cent ans, le charbon n’est plus la première source d’électricité de la planète.

Les chiffres du basculement

Les données proviennent du rapport Global Electricity Review 2026 du think tank indépendant Ember, une référence mondiale sur le suivi du mix électrique. Selon ce rapport, les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité et autres) ont produit 5 072 térawattheures d’électricité en 2025, soit environ 34 % du mix mondial.

Sur la même période, le charbon a généré 4 896 térawattheures, soit près de 33 %. L’écart est encore modeste, mais le symbole est immense : la balance a basculé du côté des énergies propres.

Autre signe fort relevé par le rapport : la production issue de l’ensemble des combustibles fossiles a légèrement reculé en 2025, une situation rare depuis le début du XXIe siècle. La croissance des renouvelables a été suffisante pour absorber toute la hausse de la demande mondiale d’électricité.

Le solaire, moteur incontesté du changement

Si un acteur devait être désigné comme le héros de ce basculement, ce serait le solaire. Sa croissance a été spectaculaire : à lui seul, il a couvert environ les trois quarts de l’augmentation de la demande mondiale d’électricité en 2025.

Le solaire a même franchi un autre cap symbolique : il a dépassé l’éolien pour la première fois, devenant la source d’énergie renouvelable qui progresse le plus vite. La chute continue des coûts des panneaux, combinée à des installations de plus en plus massives, explique cette accélération.

La Chine et l’Inde, longtemps pointées comme les plus gros consommateurs de charbon, ont joué un rôle central dans cette bascule en installant des capacités solaires colossales. Ce sont d’ailleurs ces deux pays qui ont enregistré parmi les plus fortes progressions des renouvelables.

Ce que ce cap signifie, et ce qu’il ne signifie pas

Ce basculement est un signal fort : la transition énergétique n’est plus seulement une promesse ou un objectif, c’est désormais une réalité mesurable à l’échelle planétaire. Les renouvelables ne sont plus un complément marginal, elles sont devenues la première source d’électricité mondiale.

Pour autant, restons lucides. Le charbon n’a pas disparu : il fournit encore un tiers de l’électricité mondiale et reste massivement utilisé dans de nombreux pays. Dépasser le charbon en production ne suffit pas à atteindre les objectifs climatiques ; il faut aussi réduire son usage en valeur absolue, et accélérer partout.

Le cap franchi en 2025 n’est donc pas une ligne d’arrivée, mais une étape décisive. Il prouve que le changement est possible et qu’il est déjà en cours. Après des années de mauvaises nouvelles climatiques, c’est un point de bascule qui mérite d’être connu.

Pourquoi c’est une vraie bonne nouvelle

On entend beaucoup parler des reculs et des retards dans la lutte contre le changement climatique, et à juste titre. Mais les avancées existent aussi, et celle-ci est majeure. Un monde qui produit plus d’électricité propre que d’électricité au charbon, c’est un monde qui respire un peu mieux.

Chaque térawattheure produit par le soleil ou le vent plutôt que par le charbon, c’est du CO2, des particules et de la pollution en moins. À l’échelle mondiale, l’effet cumulé est considérable pour le climat et pour la santé publique.

Chez Wanted, on pense que ces bascules concrètes et chiffrées méritent autant de place que les alertes. Non pour minimiser l’urgence, mais pour rappeler que l’action collective produit des résultats, et que l’espoir a des bases solides.

Questions fréquentes

Les énergies renouvelables ont-elles dépassé le charbon en 2025 ?

Oui. En 2025, les renouvelables ont produit 5 072 TWh d'électricité dans le monde, contre 4 896 TWh pour le charbon, selon le rapport Ember Global Electricity Review 2026. C'est une première depuis plus d'un siècle.

Quelle énergie a porté cette bascule ?

Principalement le solaire, qui a couvert environ les trois quarts de la hausse de la demande mondiale d'électricité en 2025 et a dépassé l'éolien pour la première fois.

D'où viennent ces chiffres ?

Du rapport Global Electricity Review 2026 du think tank indépendant Ember, une référence mondiale sur le mix électrique, relayé notamment par Le Monde en avril 2026.

Le charbon a-t-il disparu du mix électrique ?

Non. Le charbon fournit encore environ un tiers de l'électricité mondiale. Être dépassé par les renouvelables est un cap symbolique et historique, mais la sortie du charbon reste un chantier de long terme.

Quelle part représentent les renouvelables dans l'électricité mondiale ?

Environ 34 % du mix électrique mondial en 2025, contre près de 33 % pour le charbon. Les renouvelables incluent le solaire, l'éolien, l'hydroélectricité et d'autres sources bas carbone.

Encore un peu d'espoir ?