On l’appelait « le bâton »
Fauja Singh naît le 1er avril 1911 à Beas Pind, un village du Pendjab. Il est si fragile qu’il ne marche pas avant cinq ans, et ses jambes maigres lui valent un surnom qui lui restera toute sa vie : « Danda », le bâton. Sa faiblesse l’empêche d’aller à l’école, et il restera analphabète. Il devient paysan, cultive le blé et la canne à sucre derrière ses bœufs.
Puis la vie le frappe deux fois. Sa femme Gian Kaur meurt en 1992. Deux ans plus tard, en août 1994, son fils Kuldip est tué dans un accident. À plus de quatre-vingts ans, seul, Fauja Singh part vivre chez un autre de ses fils à Ilford, dans l’est de Londres.
À 89 ans, il enfile un dossard
À Londres, il croise un petit groupe de coureurs sikhs, Sikhs In The City, et un entraîneur, Harmander Singh, qui accepte de le prendre. Il ne cherche pas une carrière, il cherche à aller mieux.
En 2000, à quatre-vingt-neuf ans, il termine son premier marathon de Londres en 6 heures 54. Il en courra neuf en tout. Son meilleur temps, 5 heures 40, il le signe à Toronto en 2003, à quatre-vingt-douze ans. En octobre 2011, à cent ans, il finit le marathon de Toronto en 8 heures 11 minutes et 6 secondes : premier centenaire de l’histoire à boucler la distance.
Adidas l’affiche dans sa campagne « Impossible is Nothing » à côté de David Beckham et de Mohamed Ali. Il porte la flamme olympique à Athènes en 2004, puis à Londres en 2012. Sa phrase à lui : je cours pour inspirer, pas pour gagner. Il raccroche en février 2013, à cent un ans, après un dix kilomètres à Hong Kong.
Ce qu’il faut nuancer
Aucun de ses records n’est officiel. Né en Inde britannique en 1911, Fauja Singh n’a jamais eu d’acte de naissance : on n’enregistrait pas les naissances dans son village à l’époque. Son passeport britannique portait bien la date, mais le Guinness World Records a refusé de certifier son âge, faute de document d’origine.
Et le 14 juillet 2025, alors qu’il marchait au petit matin près de Beas Pind, il a été fauché par une voiture. Il avait cent quatorze ans. Ce qui reste de lui n’est pas dans le chronomètre : un enfant dont les jambes refusaient de le porter a passé le dernier quart de sa vie à montrer qu’on peut commencer très tard et aller très loin.
Questions fréquentes
Qui était Fauja Singh ?
Un paysan sikh né le 1er avril 1911 à Beas Pind, au Pendjab, devenu marathonien à 89 ans après s'être installé à Ilford, dans l'est de Londres. Surnommé le « Turbaned Tornado », il a couru neuf marathons, porté la flamme olympique à Athènes en 2004 et à Londres en 2012, et posé pour la campagne Adidas « Impossible is Nothing » aux côtés de David Beckham et de Mohamed Ali. Il est mort le 14 juillet 2025 à 114 ans.
A-t-il vraiment couru un marathon à 100 ans ?
Oui. En octobre 2011, à cent ans, il a terminé le marathon de Toronto en 8 heures 11 minutes et 6 secondes, ce qui en fait le premier centenaire de l'histoire à boucler la distance. Son meilleur temps sur marathon reste 5 heures 40, signé à Toronto en 2003, alors qu'il avait 92 ans.
Pourquoi ses records ne sont-ils pas officiels ?
Parce qu'il n'a jamais eu d'acte de naissance. En 1911, on n'enregistrait pas les naissances dans son village d'Inde britannique. Son passeport britannique portait bien la date du 1er avril 1911, mais le Guinness World Records a refusé de certifier son âge faute de document d'origine. Officiellement, ses records d'âge n'existent donc pas.