Le constat
Dans beaucoup de foyers, faire ses courses n’est plus un geste banal, c’est un arbitrage. On repose le paquet, on compare, on renonce aux fruits et légumes frais parce qu’ils passent en dernier dans le budget. Et plus on gagne peu, plus la note pèse lourd dans le mois.
La bonne nouvelle
Fin 2016, dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, deux Américains installés en France, Tom Boothe et Brian Horihan, ouvrent La Louve. C’est le premier supermarché coopératif et participatif du pays, copié sur le Park Slope Food Coop de Brooklyn. Le principe tient en une phrase : chaque client est copropriétaire du magasin et vient y travailler trois heures toutes les quatre semaines, à la caisse, en rayon, au déchargement des livraisons. Pas de main d’oeuvre à payer, une marge unique de vingt pour cent, et des prix vingt à quarante pour cent en dessous des grandes surfaces. Tom Boothe le dit sans détour : ce n’est pas éthique de ne vendre que des produits trop chers pour certains budgets. Alors on trouve du bio à côté du conventionnel, comme dans une bibliothèque de quartier ouverte à tout le monde. Ils sont aujourd’hui plusieurs milliers de coopérateurs.
Soyons honnêtes
Trois heures par mois, tout le monde ne les a pas : horaires décalés, enfants à garder, santé fragile. Il faut aussi avancer cent euros de parts sociales, ramenés à dix euros pour les étudiants boursiers et les bénéficiaires des minima sociaux. Ce n’est pas de l’aide alimentaire, c’est un magasin, avec ses contraintes. Mais le modèle a fait des petits partout en France : Nantes, Montpellier, Lille, Bordeaux, Toulouse, Grenoble.
Ce qu’il faut nuancer
Trois heures par mois, tout le monde ne les a pas : horaires décalés, enfants à garder, santé fragile. Il faut aussi avancer cent euros de parts sociales, ramenés à dix euros pour les étudiants boursiers et les bénéficiaires des minima sociaux. Ce n’est pas de l’aide alimentaire, c’est un magasin, avec ses contraintes et ses règles. Reste que le modèle a fait des petits un peu partout en France : Nantes, Montpellier, Lille, Bordeaux, Toulouse, Grenoble.
Questions fréquentes
Comment fonctionne un supermarché coopératif comme La Louve ?
Chaque personne qui fait ses courses achète des parts sociales et devient copropriétaire du magasin. En échange, elle vient y travailler trois heures toutes les quatre semaines : caisse, mise en rayon, réception des livraisons, ménage. Ce travail bénévole remplace une grande partie de la masse salariale et fait baisser les prix.
Combien coûte l'adhésion à La Louve ?
Cent euros, soit dix parts de la coopérative. Le tarif est ramené à dix euros, soit une seule part, pour les étudiants boursiers, les personnes en service civique et les bénéficiaires des minima sociaux.
Les prix sont-ils vraiment moins chers ?
Le magasin applique une marge unique de 20 % sur tous les produits, ce qui place ses prix 20 à 40 % en dessous de ceux des grandes surfaces. En contrepartie, il faut pouvoir donner trois heures de son temps chaque mois.