Un trou de 12 milliards de dollars
Quand Zohran Mamdani prend ses fonctions de maire de New York en janvier 2026, il trouve sur son bureau un déficit de plus de 12 milliards de dollars. C’est l’un des pires que la ville ait connus depuis la crise de 2008. Pour donner une idée de l’échelle, New York gère un budget de 124,7 milliards de dollars, l’équivalent d’un État européen.
Dans cette situation, les recettes classiques sont connues de tous ceux qui gèrent une grande ville : couper dans les services, augmenter les impôts, ou piocher dans les réserves. Aucune des trois n’a été retenue.
D’où vient l’argent
La mesure la plus commentée, c’est la première taxe « pied-à-terre » de l’État de New York. Elle vise les propriétaires non-résidents d’une résidence secondaire de luxe, au-dessus de 5 millions de dollars. Ils paient désormais entre 0,5 % et 4 % de la valeur du bien chaque année. Le rapport attendu est de 500 millions de dollars par an.
C’est une somme importante, mais il faut la remettre à sa place : 500 millions sur un trou de plus de 12 milliards, cela ne fait qu’environ 5 % du déficit. L’essentiel vient d’ailleurs. L’État de New York a débloqué 4 milliards de dollars. La ville a dégagé 1,77 milliard d’économies internes, chaque administration ayant nommé un responsable des économies. S’y ajoute une restructuration des paiements de retraites.
Ce que ça finance
Au bout du compte, le budget est présenté à l’équilibre, sans hausse de l’impôt foncier. Il finance les crèches, les parcs, les bibliothèques, la propreté et le logement social. Autrement dit, les services que les habitants voient et utilisent tous les jours n’ont pas servi de variable d’ajustement.
C’est ce qui rend l’exercice intéressant, quel que soit l’avis qu’on porte sur la politique du maire. Il montre qu’une des plus grandes villes du monde peut chercher ses recettes ailleurs que dans le quotidien de ses habitants, et que l’équation budgétaire admet plusieurs solutions.
Ce qu’il faut nuancer
Chez Wanted, on raconte les bonnes nouvelles honnêtement, et celle-ci demande de la prudence.
D’abord sur la taxe « pied-à-terre » : c’est la mesure symbole, celle dont tout le monde parle, mais ce n’est pas elle qui a bouclé le budget. Les 4 milliards de l’État et les 1,77 milliard d’économies internes pèsent beaucoup plus lourd. Dire que la taxe sur les résidences secondaires a comblé le trou serait faux.
Ensuite sur la solidité de l’ensemble. Les contrôleurs des finances de la ville tirent la sonnette d’alarme : le budget s’appuie sur 2,8 milliards de dollars de mesures ponctuelles, c’est-à-dire des recettes ou des économies qui ne se répètent pas d’une année sur l’autre, et sur 2,3 milliards de reports de paiements de retraites. Une partie de l’effort est donc simplement repoussée à plus tard. Les prévisions actuelles annoncent des déficits autour de 7,1 milliards de dollars en 2028.
Un budget à l’équilibre une année ne veut pas dire une ville tirée d’affaire. La suite se jugera sur les exercices suivants.
Questions fréquentes
Comment New York a-t-elle comblé son déficit de 12 milliards de dollars ?
Par plusieurs leviers cumulés, pas par une seule mesure. L'État de New York a débloqué 4 milliards de dollars, la ville a trouvé 1,77 milliard d'économies internes, les paiements de retraites ont été restructurés, et une nouvelle taxe sur les résidences secondaires de luxe doit rapporter 500 millions par an. L'impôt foncier n'a pas augmenté.
Qu'est-ce que la taxe « pied-à-terre » de New York ?
C'est la première taxe de ce type dans l'État de New York. Elle vise les propriétaires non-résidents d'une résidence secondaire de luxe valant plus de 5 millions de dollars. Ils paient chaque année entre 0,5 % et 4 % de la valeur du bien, pour un rendement attendu de 500 millions par an.
Le budget de New York est-il vraiment sauvé ?
Pas pour toujours. Les contrôleurs des finances de la ville rappellent que le budget s'appuie sur 2,8 milliards de mesures ponctuelles et 2,3 milliards de reports de paiements de retraites. Une partie de l'effort est donc repoussée, avec des déficits prévus autour de 7,1 milliards de dollars en 2028.