Le constat
Muriel Bujega a soixante-treize ans et vit dans le sud de Londres. Il y a une quinzaine d’années, elle a perdu le contact avec son frère Colin. Personne ne s’est fâché. C’est juste que l’homme qui s’occupait de Colin est mort, que Colin a dû déménager, et qu’ils ont tous les deux un handicap intellectuel. Sans quelqu’un pour maintenir le lien, le lien s’arrête. Puis le mari de Muriel, Joseph, est mort à son tour. Et un cancer du sein l’a menée jusqu’à un service de soins palliatifs.
La preuve
En arrivant au St Christopher’s Hospice, Muriel a demandé une chose à l’équipe : m’aider à retrouver mon frère. Phoebe Mooney, infirmière spécialisée, s’est mise à chercher. Elle a fini par joindre une ergothérapeute qui connaissait Colin. Et là, la réponse est tombée : Colin était bénévole dans l’une des boutiques caritatives de l’hospice. Le même hospice. Pendant que Muriel le cherchait depuis quinze ans, il rangeait des rayons à quelques rues de là. Ce que Muriel raconte des retrouvailles : il n’arrivait pas à croire que c’était moi, j’étais en larmes, à pleurer sur son épaule.
Soyons honnêtes
Si personne n’avait cherché, ils ne se seraient jamais revus. Colin aurait continué à tenir sa boutique, Muriel serait restée seule dans sa chambre, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Ce qui a fait la différence, c’est une infirmière qui a pris le temps de passer des coups de fil qui ne figuraient sur aucune fiche de soins. Au Royaume-Uni, seule une personne sur cinq sait que les services de soins palliatifs font aussi ça : aider quelqu’un à retrouver sa famille avant la fin. Muriel, elle, va maintenant à la gym et à l’atelier d’art de l’établissement.
Questions fréquentes
Comment son frère a-t-il été retrouvé ?
Une infirmière spécialisée de l'hospice, Phoebe Mooney, a mené la recherche et joint une ergothérapeute qui connaissait Colin. Il s'est avéré qu'il était bénévole dans une boutique caritative du même établissement.
Pourquoi avaient-ils perdu le contact ?
L'homme qui s'occupait de Colin est mort, ce qui l'a obligé à déménager. Comme le frère et la sœur ont tous deux un handicap intellectuel, le lien s'est rompu faute de quelqu'un pour l'entretenir.
Les soins palliatifs font-ils vraiment ce genre de recherche ?
Oui, ils accompagnent aussi des souhaits personnels comme retrouver un proche. C'est peu connu : au Royaume-Uni, seul un adulte sur cinq le sait.