Le constat
Le sihek, ou martin-chasseur cannelle, ne vivait que sur l’île de Guam, dans le Pacifique. Dans les années 1940, un serpent grimpeur arrive dans les soutes d’un bateau et dévore les oiseaux les uns après les autres. En 1988, on voit le dernier sihek sauvage. Les biologistes attrapent en urgence vingt-neuf oiseaux, les derniers, pour tenter de sauver l’espèce en volière. Pendant près de quarante ans, ce petit oiseau orange n’a plus existé que derrière un grillage.
La bonne nouvelle
En septembre 2024, neuf jeunes sihek élevés à la main par des soigneurs sont relâchés sur l’atoll de Palmyra, un bout d’île du Pacifique sans un seul serpent, protégé par The Nature Conservancy. Pour la première fois depuis 1988, l’espèce revit à l’état sauvage. Les neuf apprennent à chasser tout seuls, et tous sont encore là un an plus tard. Début 2025, les biologistes trouvent des œufs dans un nid : les premières pontes en pleine nature depuis presque quarante ans. Quatre couples ont pris leur territoire, trois ont pondu.
Soyons honnêtes
Pour l’instant, aucun poussin n’est né dans la nature. L’équipe s’y attendait : de jeunes parents ratent souvent leurs premières couvées avant d’y arriver. Il reste moins de cent cinquante sihek au monde, et Palmyra n’est qu’une étape. Le vrai but, c’est de les ramener un jour à Guam, quand le serpent y sera enfin sous contrôle. Mais l’oiseau a refait ce qu’on croyait perdu : un nid, dehors, tout seul.
Questions fréquentes
Pourquoi le sihek avait-il disparu de la nature ?
À cause d'un serpent grimpeur arrivé sur l'île de Guam dans les années 1940, dans les soutes d'un bateau. Il a dévoré les oiseaux les uns après les autres jusqu'à l'effondrement total de l'espèce. Le dernier sihek sauvage a été observé en 1988, et les biologistes ont alors capturé vingt-neuf oiseaux en urgence pour tenter de sauver l'espèce en volière.
Pourquoi les relâcher à Palmyra et non à Guam ?
Parce que l'atoll de Palmyra, protégé par The Nature Conservancy, ne compte pas un seul serpent : les relâcher à Guam reviendrait à les livrer au prédateur qui les a fait disparaître. Palmyra n'est donc qu'une étape. Le véritable objectif reste de ramener un jour le sihek à Guam, quand le serpent y sera enfin sous contrôle.
Les oiseaux relâchés se reproduisent-ils ?
Ils ont commencé. Les neuf sihek relâchés en septembre 2024 ont appris à chasser seuls et étaient tous vivants un an plus tard. Début 2025, les biologistes ont trouvé des œufs dans un nid, les premières pontes en pleine nature depuis presque quarante ans : quatre couples ont pris leur territoire et trois ont pondu. Aucun poussin n'est toutefois encore né dehors, ce à quoi l'équipe s'attendait, de jeunes parents ratant souvent leurs premières couvées.