Le constat
En France, près de six personnes sur dix qui sortent de prison y retournent dans les cinq ans. Pas par goût. Parce qu’à la sortie, il n’y a souvent ni logement, ni travail, ni personne au bout du téléphone. On pousse la porte avec un sac et rien devant soi.
La bonne nouvelle
Clotilde Gilbert a passé sept ans comme aumônière à la maison d’arrêt de Nanterre. Elle y a monté une chorale, puis fait enregistrer un CD derrière les murs. De là est née Wake up Café en 2014. En 2020, l’association s’installe sur l’ancienne péniche de l’émission Thalassa, quai de Javel à Paris, au pied de la statue de la Liberté. Le lieu s’appelle le Quai Liberté : un restaurant, une guinguette, des serres, quarante-quatre postes en insertion. On y apprend un métier et on y retrouve une place.
Ce que ça change
Deux cent soixante-dix « wakeurs » ont été embauchés au Quai Liberté depuis 2020, et dix-huit mille personnes sont venues manger sur place en 2025 sans forcément savoir qui tenait les fourneaux. Depuis sa création, l’association a accompagné environ mille anciens détenus, avec plus de deux cents entreprises partenaires prêtes à embaucher à la sortie de la formation. Un homme le résumait à CNEWS en mars 2025 : « Depuis que je suis ici, je n’ai pas récidivé. » Le projet a reçu le trophée de l’économie sociale et solidaire de la Ville de Paris en 2021, et la Banque des Territoires y a investi six cent mille euros.
Soyons honnêtes
Le Quai Liberté a embauché deux cent soixante-dix personnes depuis 2020, quand des dizaines de milliers de gens sortent de prison chaque année en France. Le modèle tient aussi parce que plus de deux cents entreprises acceptent d’embaucher derrière. Et moins de dix pour cent de récidive, ça reste plus que zéro. Ce n’est pas une baguette magique. C’est la preuve que ça marche quand on s’en donne les moyens.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Quai Liberté à Paris ?
C'est un tiers-lieu ouvert en 2020 par l'association Wake up Café, sur l'ancienne péniche de l'émission Thalassa, quai de Javel dans le 15e arrondissement de Paris, au pied de la statue de la Liberté. On y trouve un restaurant associatif, une guinguette, une terrasse et six serres. Le lieu compte quarante-quatre postes en insertion réservés à des personnes sortant de prison.
Quel est le taux de récidive en France après une sortie de prison ?
Environ six personnes sur dix retournent en détention dans les cinq ans qui suivent leur libération. Chez les personnes accompagnées par Wake up Café, ce taux tombe sous les dix pour cent.
Qui a créé Wake up Café ?
Clotilde Gilbert, qui a été aumônière pendant sept ans à la maison d'arrêt de Nanterre. Elle y a dirigé une chorale pendant cinq ans et fait enregistrer un CD en détention. L'association est née de ce projet, en 2014.