Environnement Par · 23 juillet 2026 · 3 min de lecture

On les chassait comme des nuisibles. Leurs barrages stockent dix fois plus de carbone

BRAVO
Les castors stockent dix fois plus de carbone

En bref. Une équipe de scientifiques a suivi pendant treize ans un corridor fluvial du nord de la Suisse façonné par des castors. Leurs résultats, publiés en mars 2026 dans la revue Communications Earth & Environment, montrent que cette zone a piégé près de 1 200 tonnes de carbone, soit environ dix tonnes par hectare et par an, contre une seule tonne pour un corridor comparable sans castors. Dans les sédiments, on trouve jusqu'à quatorze fois plus de carbone. Le mécanisme est simple : en ralentissant l'eau, les barrages inondent les berges, les plantes poussent et le bois mort se décompose très lentement, si bien que le carbone reste au sol au lieu de repartir dans l'atmosphère. Nuance importante : étendu à tous les cours d'eau favorables, ce stockage compenserait jusqu'à 2 % des émissions annuelles de la Suisse. C'est précieux, mais ça ne remplace pas la baisse de nos émissions.

Longtemps, on les a pris pour des nuisibles

Arbres rongés, prairies inondées, chemins coupés : pendant des siècles, le castor a eu très mauvaise presse en Europe. On l’a chassé jusqu’à le faire quasiment disparaître du continent. Au mieux, on le tolérait. Personne n’imaginait une seconde le service qu’il rendait pendant ce temps-là.

Treize ans d’observation, un résultat spectaculaire

Une équipe de scientifiques a suivi pendant treize ans un corridor fluvial du nord de la Suisse, entièrement façonné par des castors. Leurs résultats ont été publiés en mars 2026 dans la revue Communications Earth & Environment, et ils sont saisissants : cette zone a piégé près de 1 200 tonnes de carbone, soit environ dix tonnes par hectare et par an. Un corridor comparable, sans castors, n’en stocke qu’une seule. Et quand on creuse dans les sédiments, on trouve jusqu’à quatorze fois plus de carbone.

Un mécanisme d’une simplicité désarmante

Le castor ne fait rien de compliqué. Il construit ses barrages, l’eau ralentit, les berges s’inondent. Les sédiments se déposent, les plantes poussent en abondance, et surtout la matière organique comme le bois mort se décompose beaucoup plus lentement. Du coup, le carbone qu’elle contient reste piégé au sol au lieu de repartir dans l’atmosphère. Le tout gratuitement, sans machine et sans subvention. Parfois, le meilleur ingénieur de la nature, c’est la nature elle-même.

Ce qu’il faut nuancer

Chez Wanted, on raconte les bonnes nouvelles honnêtement. Étendu à tous les cours d’eau favorables, ce stockage compenserait jusqu’à 2 % des émissions annuelles de la Suisse. C’est loin d’être négligeable, mais ça ne remplacera jamais la baisse de nos propres émissions : ce n’est pas une solution miracle, c’est un coup de main. Et le retour du castor demande d’accompagner les riverains, parce que les parcelles inondées, elles, sont bien réelles.

Questions fréquentes

Combien de carbone les castors font-ils stocker ?

Sur le corridor fluvial suisse étudié pendant treize ans, près de 1 200 tonnes de carbone ont été piégées, soit environ dix tonnes par hectare et par an. Un corridor comparable sans castors n'en stocke qu'une seule. Dans les sédiments, les chercheurs trouvent jusqu'à quatorze fois plus de carbone.

Comment les barrages de castors piègent-ils du carbone ?

En construisant leurs barrages, les castors ralentissent le cours d'eau et inondent les berges. Les sédiments se déposent, les plantes poussent en abondance et la matière organique comme le bois mort se décompose beaucoup plus lentement. Le carbone qu'elle contient reste piégé au sol au lieu de repartir dans l'atmosphère.

Les castors peuvent-ils vraiment aider contre le changement climatique ?

Ils donnent un vrai coup de main, mais ce n'est pas une solution miracle. Étendu à tous les cours d'eau favorables, ce stockage compenserait jusqu'à 2 % des émissions annuelles de la Suisse. C'est loin d'être négligeable, mais rien ne remplace la baisse de nos propres émissions.

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