L’été, une cour goudronnée devient une plaque brûlante
On a bétonné les cours d’école pendant des décennies parce que c’était pratique à entretenir. Sauf qu’en pleine canicule, le bitume emmagasine la chaleur toute la journée et la renvoie aux enfants. La cour se transforme en îlot de chaleur, au pire moment de l’année, et pile à l’endroit où les élèves passent leurs récrés.
Lille arrache le bitume et plante des arbres
Depuis 2018, la ville fait exactement l’inverse de ce qu’on a fait pendant cinquante ans : elle enlève le goudron. À la place, de la pleine terre, de l’herbe, des arbres, des points d’eau et de l’ombre. Dans toutes les écoles de la ville, au moins un tiers de la cour est aujourd’hui végétalisé, et une quinzaine de cours ont été entièrement transformées, comme à Turgot, Gounod ou Desbordes-Valmore.
Des cours plus fraîches, et des classes dehors
Le résultat se mesure. « Enlever le bitume, ça fait des cours en moyenne 4 à 5 degrés plus fraîches », explique Charlotte Brun, adjointe au maire. L’eau de pluie ne part plus dans les égouts, elle s’infiltre dans le sol. Et les enfants y gagnent autre chose : ils observent les saisons, croisent des insectes, et certaines classes se font désormais dehors, sous les arbres. Une cour qui redevient un morceau de nature, ça change une journée d’école.
Ce qu’il faut nuancer
Chez Wanted, on raconte les bonnes nouvelles honnêtement. Le chantier avance lentement : 3 à 4 cours par an, pour 1 à 1,2 million d’euros. À ce rythme, il faudra plus de vingt ans pour couvrir toute la ville. Le vrai frein, c’est l’argent, et l’Éducation nationale reste encore timide sur le sujet. Mais l’idée est simple, elle marche, et n’importe quelle commune peut la copier.
Questions fréquentes
Pourquoi une cour d'école goudronnée devient-elle si chaude ?
Le bitume stocke la chaleur toute la journée et la renvoie ensuite. En pleine canicule, une cour goudronnée se transforme donc en plaque brûlante, exactement là où les enfants passent leurs récrés. C'est ce qu'on appelle un îlot de chaleur.
Qu'est-ce que Lille met à la place du bitume ?
De la pleine terre, de l'herbe, des arbres, des points d'eau et des zones d'ombre. Dans toutes les écoles de la ville, au moins un tiers de la cour est végétalisé, et une quinzaine de cours ont été entièrement refaites, comme à Turgot, Gounod ou Desbordes-Valmore.
Combien de temps faut-il pour transformer toutes les cours d'une ville ?
À Lille, le rythme est de 3 à 4 cours par an, pour un budget de 1 à 1,2 million d'euros. À cette cadence, il faudra plus de vingt ans pour couvrir toute la ville. Le vrai frein, c'est l'argent.