Environnement Par · 5 août 2026 · 2 min de lecture

Ils ont cassé deux barrages. Un an après, les saumons étaient de retour

BRAVO
Sélune : deux barrages tombés, les saumons sont revenus

En bref. La Sélune coule sur quatre-vingt-onze kilomètres dans la Manche et se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel. Deux barrages hydroélectriques lui barraient la route depuis plus d'un siècle, La Roche-qui-Boit construit en 1914 et Vezins, seize et trente-six mètres de béton, avec derrière eux deux lacs artificiels, des cyanobactéries toxiques l'été et plus un seul saumon en amont. Vezins a été démantelé en 2019-2020, La Roche-qui-Boit en 2022-2023 : le plus grand chantier d'effacement de barrages jamais mené en Europe, qui a rendu dix-neuf kilomètres de rivière. Dès la première année, saumons atlantiques, anguilles et lamproies marines sont remontés. À l'automne 2023, les chercheurs de l'INRAE ont pêché en amont trois jeunes saumons nés au printemps : la première reproduction là-haut depuis plus de cent ans. Nuance : en 2025, les effectifs comptés restent faibles, la renaturation de la vallée court jusqu'à fin 2026 et le suivi scientifique jusqu'en 2027.

Le constat

La Sélune coule sur quatre-vingt-onze kilomètres dans la Manche et finit dans la baie du Mont-Saint-Michel. Sauf que deux barrages hydroélectriques lui barraient la route depuis plus d’un siècle : La Roche-qui-Boit, construit en 1914, et Vezins, seize et trente-six mètres de béton. Derrière, deux lacs artificiels, des cyanobactéries toxiques l’été, et plus un seul saumon en amont.

La bonne nouvelle

Vezins est démantelé en 2019 et 2020, La Roche-qui-Boit en 2022 et 2023 : le plus grand chantier d’effacement de barrages jamais mené en Europe. Sur dix-neuf kilomètres, le lac redevient une rivière. Et dès la première année, saumons atlantiques, anguilles et lamproies marines remontent le fleuve. À l’automne 2023, les chercheurs de l’INRAE pêchent en amont trois jeunes saumons nés au printemps : c’est la première reproduction là-haut depuis plus de cent ans. L’eau va mieux aussi, les cyanobactéries ont disparu et les éphémères sont revenues.

Soyons honnêtes

En 2025, les effectifs de saumons et de lamproies comptés sur la Sélune sont toujours faibles, comme les années précédentes. Rouvrir un fleuve ne répare pas d’un coup la pêche en mer, l’eau qui se réchauffe et la pollution du bassin. Les travaux de renaturation de la vallée courent jusqu’à fin 2026 et le suivi scientifique jusqu’en 2027, avec une soixantaine de chercheurs. On regarde une renaissance qui démarre, pas une victoire pliée.

Questions fréquentes

Pourquoi avoir détruit les barrages de la Sélune ?

Parce qu'ils coupaient le fleuve depuis plus d'un siècle. Derrière La Roche-qui-Boit, construit en 1914, et Vezins, s'étendaient deux lacs artificiels sujets aux cyanobactéries toxiques l'été, et plus aucun saumon ne remontait en amont. Leur démantèlement, mené entre 2019 et 2023, constitue le plus grand chantier d'effacement de barrages jamais réalisé en Europe.

Les poissons sont-ils vraiment revenus ?

Oui, et vite. Dès la première année, saumons atlantiques, anguilles et lamproies marines ont remonté le fleuve sur les dix-neuf kilomètres rouverts. À l'automne 2023, les chercheurs de l'INRAE ont pêché en amont trois jeunes saumons nés au printemps, ce qui signale la première reproduction à cet endroit depuis plus de cent ans. La qualité de l'eau s'est aussi améliorée : les cyanobactéries ont disparu et les éphémères sont revenues.

Peut-on parler d'une victoire écologique définitive ?

Pas encore. En 2025, les effectifs de saumons et de lamproies comptés sur la Sélune restent faibles, comme les années précédentes. Rouvrir un fleuve ne répare ni la pêche en mer, ni le réchauffement de l'eau, ni la pollution du bassin versant. Les travaux de renaturation de la vallée courent jusqu'à fin 2026 et le suivi scientifique jusqu'en 2027, avec une soixantaine de chercheurs mobilisés.

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