Le constat
Chaque année, environ trois cent mille tonnes de plastique sont jetées à Bali. Une partie file dans les rivières, puis en mer de Java : environ trente-trois mille tonnes. Sacs, emballages, bouteilles s’accumulent dans le lit des cours d’eau, à quelques mètres des maisons. Gary, Kelly et Sam Bencheghib grandissent au milieu de ça. Leur famille a quitté Paris pour Bali en 2005, Gary avait neuf ans. Ados, ils nettoient les plages le week-end. Puis ils comprennent une chose : le plastique qu’ils ramassent sur le sable arrive par les rivières. Autant l’arrêter avant.
La bonne nouvelle
En 2020, la fratrie lance Sungai Watch. L’idée tient en une image : une barrière flottante posée en travers de la rivière, qui retient les déchets avant qu’ils n’atteignent l’océan. Derrière, une équipe vide, trie à la main, pèse, note les marques les plus retrouvées et les rend publiques. Aujourd’hui, plus de trois cent cinquante barrières sont installées à Bali et à Java Est, et plus de cent quatre-vingts personnes travaillent à plein temps sur le terrain. Bilan de l’ONG en 2025 : plus de trois millions et demi de kilos de déchets sortis des rivières. En 2024, ils ont même lancé Sungai Design, qui transforme les sacs plastique impossibles à recycler en mobilier.
Soyons honnêtes
Une barrière arrête le plastique, elle ne l’empêche pas d’arriver. Java, l’île la plus peuplée du monde, abrite quatre-vingt-dix des mille rivières les plus polluées de la planète : le chantier est immense, et il faudra bien tarir la source. Les Bencheghib le disent eux-mêmes. Mais ils ont prouvé un truc qui compte : on peut commencer petit, avec un filet et trois paires de bras, et finir par sortir des millions de kilos de l’eau.
Questions fréquentes
Comment fonctionne une barrière Sungai Watch ?
C'est une barrière flottante posée en travers d'une rivière, qui retient les déchets avant qu'ils n'atteignent l'océan. Derrière, une équipe vide la barrière, trie les déchets à la main, les pèse et note les marques les plus fréquemment retrouvées, avant de rendre ces données publiques. Plus de trois cent cinquante barrières sont installées à Bali et à Java Est.
Qui a fondé Sungai Watch ?
Gary, Kelly et Sam Bencheghib, trois frères et sœurs dont la famille a quitté Paris pour Bali en 2005, quand Gary avait neuf ans. Adolescents, ils nettoyaient les plages le week-end, puis ont compris que le plastique venait des rivières. Ils ont lancé l'ONG en 2020 ; elle emploie aujourd'hui plus de cent quatre-vingts personnes à plein temps sur le terrain.
Est-ce que ces barrières suffisent à régler la pollution plastique ?
Non, et la fratrie le dit elle-même. Une barrière arrête le plastique mais ne l'empêche pas d'arriver : il faudra tarir la source. Java, l'île la plus peuplée du monde, abrite à elle seule quatre-vingt-dix des mille rivières les plus polluées de la planète, ce qui donne la mesure du chantier. En 2024, l'équipe a lancé Sungai Design, qui transforme en mobilier les sacs plastique impossibles à recycler.